Zitouni Mustapha

Les représentants de 16 wilayas du pays avaient pris part à la grande rencontre tenue au lycée Lotfi d’Oran, lors du Forum national des clubs environnementaux. Une rencontre organisée sous le slogan : « L’élève et l’environnement,» elle a été mise à profit pour exposer le bilan de l’expérience des clubs verts à travers le pays. Le lycée ‘Colonel-Lotfi’ était parmi les espaces les plus importants, ayant accueilli les manifestations du forum. Les délégations participantes représentées par des élèves membres aux clubs de l’environnement et d’enseignants formateurs ont passé en revue les résultats des travaux dans le domaine de la protection de l’environnement en milieux terrestre et maritime. inculquer a culture environnementale dans les écoles Dans ce cadre, un nouveau protocole d’accord a été signé cette semaine, entre le ministère de l’Environnement et des Energies Renouvelables et le ministère de l’Education Nationale, dans le but de relancer et de généraliser les domaines de l’éducation environnementale et du développement durable en milieu scolaire. La ministre de l’Environnement et des Energies Renouvelables, Fatima-Zohra Zerouati et la ministre de l’Education Nationale, Nouria Benghabrit, ont signé ce protocole au collège « Taleb Abderahmane», sis à la commune de Hammamet, en présence d’élèves et enseignants du collège et des différents acteurs, intervenant dans ce domaine. Ce protocole permettra de consolider les acquis d’une part, et de répondre aux nouveaux défis qui se posent dans le domaine de l’Environnement et du Développement durable, à travers la réalisation d’activités pédagogiques, d’autre part, ainsi que d’ériger le club de l’environnement au niveau de l’école, en un espace interactif auquel recourent les élèves, pour devenir également et pour la première fois, un prolongement des activités pédagogiques appliquées. Dans une allocution prononcée à cette occasion, Mme Zerouati a mis en relief la grande importance qu’accorde le gouvernement à la préservation de l’environnement et des ressources naturelles et au droit des générations montantes à vivre dans un environnement sain, conformément à la Constitution de 2016, notamment ses deux articles 19 et 68. Dans le cadre de l’application de l’un des axes du programme du gouvernement, visant la consolidation des mécanismes de coopération et de coordination entre les deux secteurs de l’Environnement et de l’Education Nationale, en matière de sensibilisation pour la sauvegarde de l’environnement, une importance particulière a été accordée au thème de l’éducation environnementale en milieu scolaire, tout en prenant en considération, le caractère stratégique de l’établissement d’éducation, en tant que noyau essentiel, pour le développement, a soutenu Mme Zerouati. L’éducation environnementale, poursuit Mme Zerouati, est un effort éducatif orienté vers le renforcement des connaissances pour la compréhension des relations complexes entre l’homme et son environnement, avec ses dimensions sociales, culturelles, biologiques et physiques. L’Etat veille à assurer les moyens nécessaires, pour préserver l’environnement, notamment avec introduction de l’éducation environnementale dans les écoles, pour sensibiliser les élèves et renforcer leurs compétences et connaissances au sujet de l’environnement, a ajouté la ministre. La ministre a rappelé que les ministères de l’Environnement et de l’Education Nationale ont convenu, dans le cadre du protocole d’accord signé en 2002 entre les deux secteurs, de la mise en place d’un programme spécial pour introduire l’éducation environnementale dans le système éducatif national. Concernant les clubs verts, Mme Zerouati a relevé la création jusqu’à maintenant de 10.962 clubs au niveau des établissements éducatifs à travers les 48 wilayas du pays, permettant ainsi de transmettre ces concepts environnementaux aux élèves, ajoutant que 2.500 clubs au niveau national ont bénéficié d’équipements informatiques et de matériel audio-visuel. Actuellement, le secteur oeuvre à acquérir d’autres équipements pour soutenir ces clubs dans le cadre d’une large opération dans le programme sectoriel de l’Etat, avec une enveloppe financière de 1,6 milliard de DA, a fait savoir la ministre. Ce protocole prévoit également l’importance de la formation d’enseignants et d’encadreurs de ces clubs environnementaux. Pour sa part, la ministre de l’Education Nationale, Nouria Benghabrit, a salué cette initiative, affirmant que le protocole inculquera l’éducation environnementale dans l’esprit des élèves et que son secteur ne ménagera aucun effort, pour la réussite de cette démarche. En vertu de ce protocole, la ministre a annoncé l’institution de la médaille “Mon école durable”, qui sera accordée annuellement aux établissements éducatifs des trois cycles les plus engagés aux projets liés à l’éducation environnementale. Après les clubs verts, les clubs bleus en stand-by Un objectif de pas moins de 60 clubs bleus devaient être créés au niveau des établissements scolaires des communes côtières, sauf que depuis cette annonce, le nombre semble avoir été revu à la baisse, se contentant des quelques associations qui gèrent ce dossier du fait de leur proximité permanente avec la mer. Une journée de formation avait été consacrée par la Direction de l’Education Nationale au profit des enseignants qui devaient encadrer ces clubs. Pourtant, la rencontre était bien prometteuse, puisque pas moins de 60 encadreurs, représentant dix communes côtières ont été rassemblés au CEM « Dourgham Hanifi», au secteur urbain El-Makarri. La formation a été assurée par trois associations, activant dans le domaine de la préservation du littoral, avec à leur tête l’association Phénicia. Nombreuses sont les études qui ont révélé que le littoral subit de fortes pressions à cause du phénomène de la concentration de la population et de l’urbanisation incontrôlée, auxquelles il faut ajouter l’implantation anarchique des différentes activités économiques et industrielles, ainsi que la pollution des eaux marines. Le Plan d’Aménagement Côtier (PAC) du littoral oranais, élaboré par l’Agence Nationale d’Aménagement du Territoire (ANAT), a fait ressortir que le littoral oranais abrite 60 unités industrielles, dont 24 publiques, implantées dans les différentes zones d’activité proches du littoral. S’étendant sur une superficie totale de 363,66 km², la zone littorale est ouverte sur une façade maritime d’une longueur de 124 km, représentant le dixième du littoral national. Cette zone, ainsi délimitée, est composée de 14 communes. Pour ce qui est des hydrocarbures, selon l’ANAT, à Béthioua, les valeurs retrouvées dans le port sont supérieures à 650 mg/kg. Elles représentent des valeurs deux fois plus importantes par rapport aux normes européennes (300 mg/kg). Au port d’Arzew, les valeurs oscillent entre 500 et 8.500 mg/kg. Au niveau de ce dernier, il existe 08 grands rejets, dont 11.300 m3/jour d’eaux usées domestiques et 25.000 m3/j d’eaux usées industrielles. L’étude a également fait ressortir de nombreux dangers qui menacent le littoral oranais : l’érosion, la prolifération des décharges sauvages, l’urbanisation et l’industrialisation intense le long de la côte et la pollution qui menace des espèces de la faune et de la flore marines.