Entretien réalisé par : Jalil Mehnane

L’Algérie célèbre ce samedi 14 Mars la journée nationale de personnes handicapées, instaurée depuis 2002 à la faveur de la loi 02-09 relative à la protection et à la promotion des personnes à mobilité réduite. Cette journée qui s’ajoute à celle internationale célébrant cette frange de la société chaque 3 décembre, se veut une occasion pour penser à ces personnes qui souffrent dans la vie quotidienne. A Oran la direction de l’Action Sociale et de la Solidarité (DASS) a concocté un programme spécial. Pour en savoir plus, « Cap Ouest » a été accueilli par le directeur Fedala Mohand Ameziane, qui a bien voulu répondre à nos questions, concernant cette journée mais aussi à propos des autres missions de sa direction.

Cap Ouest : D’abord monsieur le directeur, quel est le programme que la DASS a préparé pour la célébration de la journée nationale des personnes handicapées ?

Fedala Mohand Ameziane : Pour cette année 2020, la célébration de cette journée a commencé bien avant le 14 mars, avec des festivités qui ont été animées par plusieurs associations à vocation sociale ayant pour programme et pour mission apporter aide à cette catégorie de la société. Toutefois, les festivités officielles se dérouleront pour la première fois au niveau du centre de médicopédagogique de Misserghine, où un programme spécial a été concocté et sera animé en présence des autorités locales.

C.O : En cette journée de fête, vous nous confirmez que la revalorisation de l’allocation des handicapés a bel et bien exécutée à Oran et que les handicapés ont en bénéficié?

F.M.A : Oui, 6250 handicapés à 100% bénéficient depuis plusieurs mois de 10.000 DA d’allocation. En fait pour être plus précis, c’est depuis le mois d’octobre dernier qu’ils ont perçu l’allocation à hauteur de 10.000 D.A, avec le rappel, selon les instructions de la tutelle, l’opération se déroule bien, et tous ceux qui sont sur la liste des bénéficiaires ont reçu leurs allocations.

C.O : A moins de deux mois du RAMADAN, on parle déjà de couffin et de mesures spéciales que prévoit la DASS pour les familles nécessiteuses durant le mois de la piété et de la solidarité ?

F.M.A : Evidemment qu’il y a une prise en charge des familles nécessiteuses, pour le mois sacré e Ramadan, on va se lancer pour la première fois dans le versement d’une aide financière de 6000 DA qui remplacera le couffin de Ramadhan. Une mesure qui va être entamée dans les prochaines semaines, afin que les nécessiteux reçoivent leur argent dans les comptes CCP bien avant le début du mois du jeûne.

C.O : Combien de personnes vont bénéficier de cette aide ?

F.M.A : Ils sont exactement 60655 bénéficiaires, un chiffre qu’on vient d’arrêter, après la mise à jour des listes de l’année dernière qui comptait des doubles emplois de noms. On va se référer au fichier national du secteur de l’action sociale qui détermine toute personne bénéficiaire d’une aide dans chaque wilaya.

C.O : Et pour les restos du cœur ?

F.M.A : La DASS reçoit les demandes des bienfaiteurs et des associations caritatives, nous étudions les dossiers, pour ensuite autoriser la tenue de Maidat Ramdan tout au long du mois. Une commission est chargée de se déplacer vers le lieu où se tiendra le resto pour inspection, pour vérification des conditions d’hygiène aussi. L’autorisation est délivrée suite au rapport de cette commision.

C.O : Combien de resto avez-vous autorisez l’année dernière ?

F.M.A : l’année dernière 111 restos ont présentés les repas du Ftour aux nécessiteux aux sans domiciles fixes et aux voyageurs. 111 est la moyenne des restos de la Rahma ouverts chaque ramadan à Oran.

C.O : Pour les programmes d’emploi que la DASS adopte, est-ce qu’il y a toujours des personnes qui travaillent sous votre tutelle?

F.M.A : La DASS œuvre toujours pour l’aide des personnes nécessiteuses et celles aux cas sociaux spéciaux. Nous disposons de deux dispositifs, le premier est le pré-emploi destiné aux diplômés, et le deuxième est le DAIS qui est destiné aux personnes sans qualification, qu’on engage dans les administrations et autres lieux de travail, généralement au niveau des communes. Je dois rappeler que le dispositif du préemploi a été transféré depuis le 31 décembre dernier sous la tutelle de la direction de l’emploi, sur décision du gouvernement. Nous exécutons également la décision relative à la titularisation des jeunes ayant plusieurs années d’exercice dans des postes de pré-emploi.

C.O : Donc mis à part le pré-emploi, combien d’employés sont désormais placés par la DASS ?

F.M.A : Pas moins de 4250 employés du dispositif DAIS qui touchent 6000 DA par mois, travaillent dans les administrations et les différentes communes de la wilaya.

C.O : Les sans domicile fixe est une autre catégorie de personnes dans le besoin, quelles sont les mesures prise en leurs faveurs ?

F.M.A : Contrairement à d’autres wilayas, les SDF et les mendiants font l’objet d’un intérêt particulier tout au long de l’année pas uniquement durant la saison hivernale. Il y a ce qu’on appelle le SAMU social, qui est une commission pluridisciplinaire qui effectue des sorties quotidiennes pour prendre en charge les cas rencontrés. Cette commission effectue en moyenne trois sorties par semaine en nocturne. La commission mixte composée en plus de la DASS, des pompiers, des policiers, des médecins et représentants de l’APC, traite au cas par cas les personnes retrouvées dans la rue.

C.O : Quelles sont les mesures que la DASS prend contre la mendicité, ce phénomène qui a pris ampleur dans notre société?

F.M.A : On a fait face à plusieurs cas de faux mendiants, pas plus tard que la semaine dernière, on traduit en justice une dame qui mettait une fille dans un fauteuil roulant, pour attirer la sympathie des gens, alors que la fille n’était pas handicapée, c’est un cas parmi tant d’autres. Nous luttons contre ce phénomène chaque jour que dieu fait.