Jalil M.

Annoncée par « Cap Ouest » il y a quelques jours, l’annonce du report des Jeux Méditerranéens Oran-2021 a été confirmée hier par le ministre de la Jeunesse et des Sports, Sid Ali Khaldi. En effet, la 19e édition des Jeux méditerranéens, initialement prévue du 25 juin au 5 juillet 2021 à Oran, a été reportée à 2022, à la demande du Conseil international des Jeux méditerranéens, en raison de la situation actuelle marquée par la propagation de la pandémie du coronavirus (COVID-19). “Le gouvernement algérien et le Comité international des Jeux méditerranéens (CIJM) ont pris la décision commune de reporter, d’une année, les Jeux méditerranéens d’Oran qui se tiendront désormais en l’an 2022, à la demande du CIJM”, a déclaré à Alger Sid Ali Khaldi, accompagné de l’Algérien Amar Addadi, président du CIJM.

Pour le ministre, cette décision a été prise par les deux parties après consultation et évaluation exhaustive du contexte prévalant actuellement dans le monde, marqué par la propagation de la pandémie du COVID-19 qui a conduit au report de nombreuses manifestations et compétitions sportives internationales, notamment les Jeux olympiques de Tokyo-2020, renvoyés à 2021. “Le report des Jeux méditerranéens d’Oran est motivé essentiellement par le souci commun de réaménager leur périodicité par rapport au calendrier olympique, de rehausser la qualité des Jeux et leur rayonnement ainsi que de préserver la santé des athlètes d’une part et d’assurer leur préparation optimale à cet important rendez-vous sportif d’autre part”, a-t-il précisé. De son côté, l’Algérien Amar Addadi a salué la décision prise par le gouvernement algérien, soulignant que l’instance méditerranéenne a demandé le report de la 19e édition d’Oran par rapport à la reprogrammation des Jeux olympiques-2020 de Tokyo qui auront lieu en 2021. “Le CIJM a demandé le report de la 19e édition des Jeux méditerranéens à 2022 pour des raisons qui sont liées essentiellement au calendrier olympique”, a-t-il expliqué, précisant que “le Comité d’organisation aura plus de temps pour réunir toutes les conditions et offrir ainsi à l’ensemble des athlètes méditerranéens une édition brillante qui hisse plus haut l’image de l’Algérie”. Le président du CIJM a réitéré l’engagement de son instance à poursuivre et à consolider la coopération à l’effet d’assurer les conditions “optimales” d’un succès “retentissant” des JM d’Oran. “Les athlètes sont de plus en plus pénalisés par l’arrêt du processus de préparation suite à la fermeture des structures sportives. Je pense que ce report permettra à l’ensemble du mouvement sportif méditerranéen de mieux préparer ce rendez-vous dans les meilleures conditions”, a souligné Addadi. Pour rappel, les Jeux Olympiques de Tokyo, initialement programmés du 24 juillet au 9 août 2020 avant leur report pour cause de coronavirus, auront lieu finalement du 23 juillet au 8 août 2021.

Des chantiers qui trainent le pas

Il faut dire que ce report viendra soulager le comité d’organisation de ce rendez-vous méditerranéens, car sur le terrain, Oran n’était pas tout à fait prête en dépit des efforts fournis par les responsables locaux sur instruction des hautes autorités de l’Etat, qui ont mis le paquet pour relancer plusieurs chantiers entrant dans le cadre de ces jeux, et qui étaient en stand-by, faute de ressources financières. Le stade olympique à lui seul, a été un casse-tête pour les organisateurs, qui, malgré la pression mise sur la société chinoise chargée des travaux, ont la date de la réception du projet recalée à plusieurs reprises. La même chose pour le village et le complexe olympique qui trainent le pas encore. Concernant les autres infrastructures sportives où la wilaya mène une vaste opération de réhabilitation, le constat et aussi amer que le stade olympique de Belgaid. Le palais des sports et la piscine de M’dina J’dida sont toujours un chantier ouvert, alors que le stade Ahmed Zabana dont on songe de revêtir en gazon naturel, n’a toujours pas été concerné par ces préparatifs, seul l’écran sera installé dans les prochaines semaines, après le lancement d’un appel d’offres de la DJS. Côté infrastructure de base, la ville qui, certes n’a pas de problème d’accueil, avec un parc hôtelier digne d’une grande ville, n’a pas achevé la réhabilitation du réseau routier qui ne cesse de détériorer, sans parler de l’extension du tramway vers Belgaid et l’aéroport Ahmed Ben Bella, dont le sort reste flou sans budget de l’Etat, contrairement à ceux d’Alger et Constantine qui eux, ont été financés pour l’extension de lignes.

L’effet de la crise financière du pays

C’est donc toute une série de chantier qui n’est pas encore achevée, ce report permettra aux organisateurs de prendre leur temps, et réfléchir aux solutions tout en évitant les couacs du passé. Avec le coronavirus, et la chute drastique des cours du pétrole, la situation économique du pays n’est au top, dernièrement, le Président Tebboune a donné des instructions aux différents ministères afin de limiter les dépenses, pour faire face à cette crise. Du coup, l’aide de l’Etat qui mise beaucoup sur ces jeux pour revenir à la scène internationale avec une meilleure image, fera avancer beaucoup de projet, sans cela, Oran n’arrivera jamais à être prête pour ce rendez-vous. Ce report sera à l’avis de tous les observateurs une chance pour reculer et mieux sauter.