Ressources halieutiques à Oran – Les pêcheurs n’ont pas été affectés par la crise économique du coronavirus

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Chahmi B.

Les pêcheurs et vendeurs de poisson qui exercent dans la wilaya d’Oran estiment qu’ils sont moins impactés par la crise sanitaire liée à la Covid-19, qui avait pourtant eu de lourdes conséquences sur d’autres activités économiques dans la wilaya. C’est du moins ce qu’ont déclaré de nombreux poissonniers que nous avons rencontrés avant-hier au marché de La bastie, au centre ville.
« Nous avons été plutôt impactés par la rareté du poisson sur nos côtes durant ces derniers mois, que par la crise sanitaire, même durant le confinement, nous avons eu des autorisations d’exercer, seulement, la pêche avait connu un déclin, et le prix du poisson avait, quant à lui, connu une augmentation vertigineuse, ce qui a fait qu’on a enregistré une légère baisse des ventes. », a expliqué Houari, livreur en gros de poisson, ajoutant, « Il y a quelques semaines la caisse de poisson a été cédée, en gros, à 17 000 DA, soit 600 DA le kilo, pour arriver encore plus cher chez le consommateur, ce qui n’est pas vraiment accessible à tous les citoyens ». Selon lui, « La crise a eu, par contre, plus d’impact sur les restaurants spécialisés en poisson, car ils étaient contraints de fermer durant plusieurs mois ». Notre interlocuteur est d’ailleurs aussi propriétaire d’un restaurant, il dira que durant les mois de fermeture, il a du payer ses employés pour pouvoir les maintenir en poste. Kacem, un autre poissonnier qui occupe un étal au marché du centre-ville, a lui aussi déclaré n’avoir pas eu vraiment à subir un impact économique important durant cette période de crise. Il rejoindra l’avis de Houari en disant, « Nous avons travaillé durant les jours de confinement avec des autorisations spéciales, il y avait des jours où on revenait avec des filets à moitié vides, mais depuis 15 jours, nous constatons une nette amélioration de la situation avec une disponibilité du poisson, ce qui entraine une baisse du prix de ce produit notamment la sardine considérée comme le plat du pauvre, vendue actuellement entre 500 DA et 600 DA ». Pour notre interlocuteur, « vendre du poisson est une activité généralement exercée le matin, ce qui ne pénalise pas vraiment les poissonniers qui, dans 90% des cas, disposent aussi d’une autorisation pour circuler, donc d’exercer leur activité ». Sur un ton plus rassurant, le propriétaire d’une pêcherie du centre-ville d’Oran assure que, même durant le confinement, son magasin ouvrait ses portes chaque jour durant 2 ou 3 heures. “C’est ce qui nous a permis de travailler. Généralement, nous avons nos propres clients qui viennent acheter du poisson. Ces derniers connaissent parfaitement nos heures d’ouverture. Notre seul souci était l’absence du transport, ce qui avait pénalisé certains de nos clients qui ne pouvaient pas faire le déplacement jusqu’à notre magasin, d’où la baisse des ventes que nous avions enregistrée”, a-t-il expliqué.