Une évolution dictée par le contexte géopolitique, selon Laraba

Participation de l'ANP au maintien de la paix

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Le possible déploiement de troupes de l’ANP en dehors des frontières nationales “ne remet nullement en cause” la doctrine de non ingérence de l’Algérie dans les affaires internes des Etats, a soutenu le président du Comité d’experts chargé de la révision constitutionnelle, Ahmed Laraba.
“Le fait que l’Algérie puisse participer à ces opérations ne signifie pas qu’elle a rompu avec son principe fondamental de non ingérence dans les affaires internes des Etats”, avait-il indiqué, précisant que “la disposition en question (Art 31) vise à donner la possibilité pour le président de la République d’envoyer des troupes dans le cadre des opérations de maintien de la paix des Nations Unies (casques bleus) et uniquement dans ce cadre”.
La nouvelle Constitution initiée, rappelle-t-on, par le président de la République, M. Abdelmadjid Tebboune, prévoit d’autoriser la participation de l’Armée algérienne aux efforts de maintien de paix à l’étranger, marquant ainsi une évolution dictée par la nécessité de s’adapter au contexte géopolitique.
L’article 91 du projet de révision de la Constitution qui sera soumis au référendum le 1er novembre prochain, consacre le président de la République comme “Chef suprême des Forces armées de la République” et “responsable de la défense nationale”, soulignant qu’il “décide de l’envoi des unités de l’Armée nationale populaire à l’étranger”.
Cependant, bien que le projet propose d’autoriser l’envoi de soldats à l’étranger, il pose aussi des conditions et détermine le cadre de participation des forces militaires algériennes en dehors des frontières.
Même si l’article 91 confère expressément au chef de l’Etat le pouvoir d’envoyer des unités de l’armée à l’étranger, il subordonne cette décision à l'”approbation à la majorité des deux tiers du parlement”.
La décision d’engager des unités de l’Armée dans des opérations à l’extérieur du pays doit s’appuyer, selon le projet d’amendement de la Constitution, sur la volonté populaire, incarnée par le Parlement.
Selon la nouvelle Constitution, “l’Algérie peut, dans le cadre des Nations Unies, de l’Union africaine et de la Ligue des Etats arabes, et dans le respect de leurs principes et objectifs, participer au maintien de la paix”.
Le réajustement de la doctrine militaire algérienne, contenu dans le projet de révision de la Constitution, a soulevé moult interrogations et divisé la classe politique algérienne, faisant craindre chez certains une remise en cause des principes fondamentaux autour desquels s’organise la politique étrangère de l’Algérie.
En effet, l’Armée nationale populaire (ANP) n’a participé à aucun conflit à l’étranger depuis les guerres israélo-arabes de 1967 et 1973.
Et M. Laraba d’ajouter, à ce propos, qu'”il faut distinguer les opérations de maintien de la paix de ce qui est appelé les interventions militaires”, soulignant que ces missions de maintien de la paix sont “strictement défensives”.
“Dans ce genre d’opérations, il n’y a pas d’affrontements, ni d’usage de l’armement lourd”, a-t-il ajouté.