Kaid Omar

Conçus initialement pour l’amortissement du phénomène du chômage et ses répercussions le lendemain de la décennie noire, et implantés un peu partout à travers les périphéries des différentes communes dans les quartiers à forte densité démographique, l’initiative d’ériger des locaux commerciaux dans les différentes communes a été dès le départ biaisée par des critères ne répondant nullement aux objectifs assignés, des objectifs visant en priorité la sédentarisation des jeunes et des artisans en difficulté. Au moment même où le commerce informel jetait ses bases de clochardisation du tissu urbain par l’occupation des espaces publics, ces locaux réceptionnées il y a un peu plus d’une dizaine d’années pour la plupart d’entre eux, des bâtisses appelées «100 locaux du président» sont livrés à la dégradation, où seuls quelques exploitants ont pris possession des locaux affectés par l’APC. La grande majorité des bénéficiaires ont, soit fermé leurs locaux, soit loué à de tierces personnes en difficulté d’hébergement. Les indus bénéficiaires ne se manifestant que lorsque une commission se présente dans les lieux. A travers les différentes localités de la wilaya d’Oran, plusieurs structures dédiées au commerce de proximité ou aux activités artisanales ne sont toujours pas exploitées.
Un véritable fiasco communal au détriment d’un commerce informel qui se taille la part du lion, où ces biens, censés soustraire la jeunesse des nouvelles cités au chômage, demeurent en jachère depuis plusieurs années. Selon certaines indiscrétions, quelques responsables locaux en font leur propre chasse gardée. Entre-temps, la dégradation a eu raison sur ces structures commerciales.
La plupart du temps, les fenêtres sont cassées, les réseaux électriques éventrés et les façades détériorées par des graffiti. Pis encore, la délinquance s’est installée durablement aux abords afin d’accomplir les sales besognes (drogue et prostitution), au grand dam des chômeurs des différentes communes. L’administration locale impute le problème à la complexité du tri des dossiers des bénéficiaires due à l’opacité dans l’octroi des décisions délivrées par certains anciens responsables. Les autorités actuelles qui ne cessent de prôner le développement local et misent sur la jeunesse devraient se pencher sérieusement sur cette problématique. Seul un recensement minutieux suivi de mises en demeure aux bénéficiaires non actifs, la délocalisation des squatters ainsi que l’aménagement des lieux et l’établissement de nouvelles listes de postulants. Des actions qui, à priori ne semblent pas être du goût des gestionnaires locaux.