Rachid Boutlélis

Les actes d’incivisme, impunément perpétrés par les dénués de culture, majorés avec l’indigence des esprits de ceux chargés de la préservation et de la sauvegarde du cachet balnéaire d’une zone devant contribuer à promouvoir le tourisme, ont finalement réussi à transformer la contrée d’Aïn El Turck en un immense douar. L’absence de maîtrise dans la gestion des dossiers relatifs au développement local, additionnée avec les scandales liés à la perpétration de détournement et de la dilapidation du foncier, ont finalement enfanté une situation morbide. En effet, ce piteux état de fait est, entre autres, à l’origine de la somnolence dans laquelle végètent un nombre indéterminé de projets d’utilité publique, tandis que d’autres concrétisés à coup de milliards demeurent cependant inopérants des années après leur réalisation et sont de fait livrés aux actes de vandalisme et/ou carrément squattés par des familles sinistrées. L’anarchie architecturale, violente infraction aux critères exigés dans le chapitre de la construction dans toute zone balnéaire, qui s’identifie à travers des constructions lugubres et hideuses, obstruant la façade maritime et empêchant même le soleil de pénétrer dans les maisons mitoyennes, a sordidement enlaidi les paysages. Pire encore, la cruelle déchéance dans cette partie de la wilaya d’Oran, semble avoir tendance à prendre des proportions incontrôlables au fil des jours et ce, en favorisant piteusement l’incivilité et sa fratrie dans leurs agissements frauduleux. «Sans avoir l’air d’y toucher, l’informel s’est carrément imposé dans cette région côtière qui, suprême ironie, renferme d’énormes potentialités touristiques, très peu ou pas du tout exploitées. Nous assistons médusés à la déchéance orchestrée par l’incivisme, adepte invétéré de faire ses besoins à l’air libre et tributaire du tabac chiqué » ont déploré avec un mélange de désappointement et de sarcasme d’anciens habitants du chef-lieu de la daïra d’Aïn El Turck où sa hideuse plaie, qui agresse le regard du contemplatif, s’identifie à travers le répugnant alignement de constructions illicites obstruant la façade maritime. La principale municipalité de cette daïra fait peine à voir avec ses boulevards et ses rues en piteux état avec des chaussées défoncées où toutes sortes d’obstacles hétéroclites entravent la circulation routière, sans pour autant susciter la moindre réaction. « Ne serait-ce que par sens du devoir et de la vertu, nos responsables devraient faire preuve de plus de répondant et ce, dans le but de sauver ce qui reste des bancales meubles, en accordant leurs violents notamment » ont fait remarquer avec dépit nos interlocuteurs avant d’ajouter « l’informel a la peau dure et continue à s’imposer, et imposer sa mentalité, en s’adaptant à cette affligeante dégénérescence, qui reflète l’image d’une sordidité urbaine. Nous revendiquons des actions régulières d’assainissement et plus de fermeté contre l’incivilité». Toujours est-il qu’à la faveur de l’insouciance et le dénuement intellectuel, le centre ville de ladite municipalité, qui constitue la façade de cette contrée, a, ainsi et hélas, perdu de sa superbe d’autrefois. L’extrême sordidité, qui caractérise avec commisération le cadre environnemental des lieux suscite un pincement au cœur chez ceux qui ont vécu l’époque faste de l’incomparable aura de cette prestigieuse ville balnéaire du bassin méditerranée. Ce piteux constat, gravitant essentiellement autour du fétide, n’émeut plus quiconque en toute vraisemblance.