Débordant d’enthousiasme et d’un capital énergie à faire des jaloux, le jeune étudiant Abessamad Chenafi, dans un bref entretien accordé au site ‘’dz. Cap’’ axé essentiellement sur les blocages et entraves subies dans un monde où les défis se succèdent, dans le cadre de ’’l’industrie du contenu’’ exploitant tous les outils électroniques disponibles, l’occasion pour lui de décrocher le 1er prix du jury lors de la 1ère Edition nationale universitaire du film via le téléphone mobile, un concours organisé pour la première fois par l’université de la wilaya de Mila

A l’occasion de cette honorable consécration, le lauréat qui a représenté l’université d’Oran 2 Mohamed Ben Ahmed IGMO n’a pas hésité à répondre aux sollicitations du site Cap dz pour s’adonner à un entretien à bâtons rompus. Ecoutons Abessamad Chenafi :

Cap dz : Bienvenu au réalisateur et lauréat. Voulez-vous nous donner plus de détails sur votre consécration et les conditions dans lesquelles s’est déroulée cette 1ère édition ?
Abessamad Chenafi : Le prix du jury au cours de ce concours concerne 22 œuvres représentant les différentes wilayas du pays. C’est est une source de motivation qui m’impose d’autres responsabilités pour d’autres défis à relever celui de poursuivre un travail de recherche au niveau des archives nationales et même locales. Un travail, préserver la mémoire collective, à transcrire sous formes d’œuvres historiques, celles du patrimoine ancestral et civilisationnel. D’autant plus que mon travail a eu pour principal personnage, l’une des figures symbolique de la résistance populaire, dans une œuvre d’hommage et de considération au premier guillotiné de la glorieuse révolution qui n’est autre que le chahid Ahmed Zabana. Et l’honneur m’est revenu pour jouer le rôle du chahid pendant 6 minutes et 08 secondes, imitant ses paroles, portant le voile qu’il utilisait lors des différentes opérations secrètes menées. Avec des vérités à rétablir sur son origine quand la majorité croit que Zabana est Mascaréen alors qu’il est natif de M’dina Jdida en plein cœur de la ville d’Oran, sachant que son grand-père d’origine mascaréenne l’a transcrit à Mascara à sa naissance.
Cap dz : A propos, que signifie ‘’Film mobile’’ et quel en est le mécanisme ?
Abessamad Chenafi : le film mobile est un travail d’enregistrement vidéo par moyen de téléphone portable ou mobile au moyen de technologies de pointe, facile à manipuler, et qui vous décharge d’outils classiques tels les caméras, microphone, ainsi que l’on peut opérer dans tous les angles pour les prises de vue.

Cap dz : Cela veut dire qu’on va désormais se décharger de caméra, microphone et les jeux de lumière … ?
Abessamad Chenafi : Non, c’est impossible, on ne pourra jamais se passer de caméra, microphone qui sont indispensables sur le terrain, sauf que les nouvelles technologies nous permettent de gagner du temps, l’espace et à opérer des travaux de synthèse pour exprimer l’essentiel.
Cap dz : Concernant votre film ‘’le martyr à la guillotine’’, quel a été le temps consacré et avez-vous eu recours au seul mobile pour réaliser le film ?
Abessamad Chenafi : J’ai consacré 15 jours en temps discontinu dont une semaine pour le montage et pour sa production j’ai eu recours au Pc pour le montage, le mixage, la lumière et autres détails d’applications que le mobile ne comporte pas. C’est donc un ensemble de moyens technologiques qui sont nécessaires.
Cap dz : Avez-vous déjà participé à des manifestations de ce genre à l’échelle nationale ou internationale ?
Abessamad Chenafi : Effectivement, j’ai participé à une manifestation organisée par la wilaya de Sétif dont le thème portait sur ‘’le comportement agressif’’ notamment en milieu familial. J’ai également envoyé une œuvre à la wilaya de Boumerdes du temps du Corona, une œuvre acceptée par le jury mais dont la manifestation prévue a été annulée. Quand à ma participation à l’étranger, j’essaie de relever le défi mais mes moyens matériels sont insuffisants pour une telle participation sachant que je suis un étudiant sans revenu ni ressources. J’ai même été invité à participer à un concours en Tunisie en 2016 mais j’étais dans l’incapacité à me prendre en charge financièrement.
Cap dz : donc vous avez opté pour axer votre travail sur le documentaire d’archive, et non celui de producteur de comédies et faits de société plus faciles à composer et largement suivies ?
Abessamad Chenafi : Je suis étudiant à la faculté des sciences sociales où depuis mon plus jeune âge, je suis un amateur des documentaires d’archive parce que ça remémore le passé et relie l’avenir. Sachant que l’information et l’actualité relatée a une importante valeur morale, historique et scientifique. Ça permet également de préserver la mémoire collective et de la raviver, en ouvrant des débats à son enrichissement. l’Algérie regorge de faits historiques et de faits civilisationnels et l’exploitation des témoignages apportés est pérennisé à travers le temps pour un pays riche de son histoire, de l’héroïsme, de ses hommes, de son patrimoine matériel et immatériel.
Cap dz : Avez-vous en perspective d’autres personnalités historique qui vous motivent à initier un travail dans ce sens ?
Abessamad Chenafi : Bien sûr que oui. En premier, l’Emir Abdelkader pour lequel je suis motivé avec une autre vision, différente de tous les autres travaux dont il a fait l’objet. J’ai mon style propre à traiter les personnalités qui ont marqué l’histoire de l’Algérie dont j’espère aura l’adhésion d’un large public. Mon travail consiste à sortir des routines stéréotypées et de donner une nouvelle lecture de la valeur de chaque œuvre traitée. Je rêve également à produire une œuvre sur Rais Hamidou, un homme qui a marqué de son empreinte l’histoire de l’Algérie et qui est un symbole intarissable.
Cap dz : Comment cela ?
Abessamad Chenafi : Prenons l’exemple de la Turquie qui est devenue une destination touristique massive incontournable grâce, entre autres, à une production cinématographique, télévisuelle, artistique et culturelle, en se basant sur son patrimoine culturel matériel et immatériel, relatant les phases historiques vécues à travers les âges. La réussite a suivi grâce à la mobilisation de moyens matériels et humains gigantesques. Là bas, on prône ‘’les moyens de sa politique’’ et non l’inverse. Pour dire que chez nous, il faut mettre le paquet pour donner plus de moyens aux productions cinématographiques de valeur et leur promotion, mettant en relief notre riche potentiel culturel, artistique ainsi que notre histoire, autant que ceux des autres pays à l’image de la Turquie, sachant que nous sommes un pays-continent à l’inestimable variété naturelle touristique qu’on doit exploiter à bon escient.
Cap dz : L’Etat algérien joue-t-il son rôle dans la promotion des valeurs culturelles et artistiques en mobilisant les moyens au profit des professionnels dans le secteur ainsi que la promotion de l’image de marque du pays ?
Abessamad Chenafi : A vrai dire, pour une industrie cinématographique effective, deux aspects doivent être pris en considération : les pouvoirs publics et les opérateurs industriels. L’Etat doit mettre en place des mécanismes pour débureaucratiser l’administration, appelée à accompagner les professionnels, à partir duquel on peut parler de production et d’œuvres cinématographiques et d’industrie cinématographiques lourde. Des blocages administratifs ont provoqué des découragements d’initiateurs de projets d’investissement où un seul document exigé peut remettre en cause tout un travail de longue haleine. Des blocages incompréhensibles et inexpliqués. Un projet cinématographique ne peut jamais être reporté dans le temps pour cause d’humeur des gestionnaires de l’administration publique. On a pratiquement exterminé les initiatives de production cinématographiques, tout autant que la participation aux différentes manifestations internationales. Comme ça, on tourne autour du pot, dans un décalage alarmant. Quand aux investisseurs motivés par le créneau, il faut également mettre en place des balisages procéduraux pour les encourager et leur faciliter l’envie d’investir et rentabiliser l’exportation des productions réalisées. Ça y va de la notoriété et de l’image de marque de tout un pays, une nation, un peuple et son histoire ainsi que ses richesses. Il faut également évoquer la déperdition des salles et structures culturelles transformées en salles de jeux et de loisirs.
Cap dz : On vous laisse le soin de conclure ce passionnant débat …
Abessamad Chenafi : Mon dernier mot est un message du cœur que j’adresse aux pouvoirs publics centraux pour libérer l’administration du joug de véreux bureaucrates, et mettre cette administration au service des potentialités culturelles nationales dont l’Algérie dispose et Dieu sait les richesses dont notre pays accumule. Egalement, mes remerciements et ma reconnaissance à tout le collectif du site Cap dz ainsi qu’à tous les professionnels du métier.

Qui est Abdessamad Chenafi ?

Je suis un jeune originaire de l’ouest algérien, qui poursuit ses études à l’université Oran 2, à la faculté des sciences sociales, passionné par les archives et l’histoire, un jeune qui ambitionne d’être un réalisateur de niveau mondial du même niveau que les sommités internationales dans le 7ème art. Je suis motivé pour une aventure dans le domaine des archives et de la recherche à travers les réseaux électroniques et le net pour parvenir à percer l’immense monde de la réalisation cinématographique, dans un univers en perpétuelle mutation.