Linda Otsmane

La plupart des habitants de la localité balnéaire de Cap Carbon se sont plaints du problème de l’infiltration des eaux pluviales à l’intérieur même de leurs bâtisses, eu égard à la vétusté des immeubles, dont la date de construction remonte à l’ère coloniale. « Le curage des ouvrages d’assainissement n’a pas été effectué de manière optimale, vu que les réseaux d’assainissement n’ont pas été conçus pour la taille actuelle de l’agglomération. D’ailleurs durant cette période de fortes averses, les eaux pluviales ne drainent pas suffisamment en raison de l’importance de la quantité de boue charriée par la pluie », dira une source du service technique de l’APC. En dépit de multiples opérations de revêtement effectuées systématiquement par l’ex APC, plusieurs affaissements ont été constatés au niveau des ruelles. « Cette dégradation qui a crée des trous béants visibles à l’œil nu est le résultat d’un travail bâclé. Cet état de fait peut devenir dangereux pour les automobilistes en cas ou ces crevasses ne sont pas pris en charge immédiatement par les services de la voirie », signale, avec dépit et colère, un habitant. Les insuffisances constatées lors de ces intempéries montrent également les moyens dérisoires dont disposent le parc roulant de l’APC qui n’a pas été renouvelé depuis fort longtemps. Dans ces conditions, au centre ville, l’emplacement géographique et la situation des différents quartiers ont contribué dans la perturbation de la circulation sur la route menant à la corniche. Rappelons que ces premières pluies ont quand-même eu le mérite de mettre à nu d’autres malfaçons qu’on ne peut apercevoir en temps normal. En effet, à Hai Gourine, l’ensemble des occupants des constructions érigées anarchiquement vivent un vrai cauchemar durant ces dernières nuits. En effet, les pluies diluviennes qui se sont abattues sur la région ont fait déborder la retenue collinaire qui servait de bassin pour les trois oueds jouxtant les bidonvilles.
Une véritable angoisse
Cette situation a fait que les eaux rejetées allaient stagner derrière une digue aménagée à quelques dizaines de mètres seulement des premières bâtisses. Cet ouvrage de fortune n’a malheureusement pas résisté aux torrents d’eau qui se sont déversés subitement, provoquant l’inondation de tout le périmètre de ces constructions anarchiques. Ainsi, depuis plus d’une semaine, et à chaque averse de pluie, les citoyens vivent une véritable angoisse, surtout la nuit, toutes ces constructions risquant d’être charriées par les eaux pluviales. « Si ce mauvais temps venait à perdurer, on court tout droit vers la catastrophe » signale un habitant.