Wassila. B

Le parti d’extrême droite Rassemblement National (RN) vient de subir une défaite à l’issue des élections législatives en France. Une défaite rendue possible par une forte mobilisation des électeurs qui ont dressé un barrage à ce parti xénophobe. La France a vécu en une semaine un incroyable renversement de situation. La gauche a bloqué le Rassemblement national. Mais sans majorité absolue, le flou prédomine. Des millions d’algériens vivant en France ou de français d’origine algérienne sont soulagés, car la mobilisation a bien bloqué l’accès du Rassemblement national au pouvoir. L’émotion suscitée par les résultats du premier tour des élections législatives a été telle qu’elle a renversé le rapport de force en une semaine. La France devra vivre avec cette situation compliquée. Le président de la République française Emanuel Macron a voulu une clarification, il a réussi la performance de renverser la table après avoir mis la France sens dessus dessous pendant quatre semaines. Vu de l’extérieur, le parlement apparaît scindé en de multiples blocs. Le rapport de force n’est plus celui de l’extrême droite, il devient celui de la gauche. Mais quelle gauche? Pour quel programme et avec qui? Tout reste à construire. Dimanche soir, les discours montraient déjà une diversité de positions au sein de la gauche. Le premier à intervenir, le patron de La France insoumise, Jean-Luc Mélenchon, a critiqué vertement le camp présidentiel. D’autres figures de la gauche se sont montrées plus modérées et ouvertes au dialogue. Dans les médias audiovisuels français, il devenait difficile de s’écouter. Dans tous les cas, le président se retrouve avec une assemblée nationale aux couleurs différentes de la sienne. Des alliances doivent désormais émerger pour que la suite puisse se dessiner. Qui le président nommera-t-il premier ministre, à quelle vitesse, et à quoi ressemblera le gouvernement après ces incroyables élections? Face à ces multiples enjeux, la France a besoin d’actions et de coalitions pour les décider. Il lui faut la capacité de voter des lois, de trouver des accords touchant le pouvoir d’achat et des mesures permettant une baisse du déficit public. Comment le pouvoir se partagera-t-il dans ce pays qui ne connaît pas la culture du compromis? On peine à l’imaginer, d’autant plus que Marine Le Pen a déjà menacé de créer «un bourbier politique». Les conséquences pour le reste du monde sont réelles. La fragilité intérieure du président de la République et la confusion de la situation actuelle affaiblissent sa capacité d’agir au plan international. La France est un acteur clé de l’Union européenne et les défis sont nombreux: élargissement de l’Union, réforme des institutions, guerre en Ukraine, immigration, transition énergétique, concurrence des blocs américain et asiatique. En avril dernier, la France s’est engagée auprès de la Commission européenne à ramener son déficit public sous les 3% du PIB en 2027, cette promesse paraît désormais bien difficile à tenir. La plupart des alliés de l’Hexagone ont été soulagés après l’échec du RN. Mais ils sont certainement préoccupés par le flou issu des urnes françaises.