Entretien réalisé par H. Nassira
Djihane Israa Haret, jeune espoir et membre de l’équipe nationale de lutte féminine, revient sur son parcours exemplaire, marqué par trois titres nationaux remportés aux côtés de ses coéquipières. Invitée de l’émission « Invité de Cap Dz », elle raconte son initiation au sport, de la gymnastique rythmique à Oran à la lutte au sein du club amateur Esprit de la Jeunesse, sous l’encadrement du coach national Saad El Arabi. Pour elle, la vitalité du sport algérien repose sur le soutien institutionnel, notamment celui du président de la République, qui a encouragé le développement du sport scolaire. « Les lutteurs algériens écrivent chaque jour une page de la gloire sportive nationale », affirme-t-elle.
Cap Dz : Pouvez-vous revenir sur vos débuts sportifs ?
Djihane Israa Haret : Avant de rejoindre l’équipe nationale de lutte féminine, mon parcours a commencé par la gymnastique rythmique. J’avais huit ans lorsque mon père a repéré ma passion et mon potentiel. Encouragée par ma famille, je me suis inscrite dans ce sport et j’ai rapidement progressé. En 2019, j’ai été vice-championne d’Algérie pour la première fois, avant de confirmer mon titre en 2021 à Tlemcen. Ces premières victoires ont été déterminantes et m’ont donné confiance pour relever de nouveaux défis sportifs.
Cap Dz : Vous avez poursuivi vos succès malgré la période difficile de la pandémie de Covid-19. Comment avez-vous vécu cette étape ?
Djihane Israa Haret: La période de Covid-19 a été particulièrement complexe pour tous les sportifs. Les entraînements ont été interrompus et nous avons dû faire preuve d’une grande résilience. Pour ma part, je m’entraînais parfois seulement deux fois par semaine, ce qui était loin d’être suffisant pour préparer les compétitions. Cependant, la persévérance et la discipline ont été mes maîtres-mots. J’ai eu la chance d’être accueillie dans une salle par le coach Saad El Arabi, où j’ai pu continuer à m’entraîner malgré les contraintes sanitaires.
Cap Dz : Comment s’est opérée votre transition vers la lutte sous la direction de votre coach national ?
Djihane Israa Haret: La lutte m’a immédiatement séduite par son exigence, son intensité et sa rigueur. Après mon dernier titre en gymnastique en 2021, j’ai intégré la lutte féminine. Depuis, mon parcours a été jalonné de succès : mon premier titre en 2022 dans la catégorie 33 kg, le titre de championne d’Algérie scolaire, et surtout la médaille d’argent aux championnats africains scolaires d’Annaba en 2025. Ces expériences m’ont permis de mesurer mes capacités et de me préparer pour les défis futurs.
Cap Dz : Quelles ont été vos préparations pour les compétitions internationales, notamment les Jeux africains scolaires organisés en Algérie ?
Djihane Israa Haret: L’équipe nationale de lutte a bénéficié de plusieurs stages de préparation intensifs. La sélection des athlètes était rigoureuse et transparente. J’ai participé à un stage en Suède, puis à un stage de quinze jours pendant le mois de Ramadan 2025. Ces périodes de préparation, encadrées par des professionnels, ont été essentielles pour développer nos compétences et renforcer notre esprit d’équipe. Le soutien moral que nous recevions était également un facteur déterminant dans nos performances.
Cap Dz : Quels ont été les éléments déterminants dans vos résultats aux Jeux africains scolaires ?
Djihane Israa Haret : Mon objectif était d’obtenir une médaille d’or, comme tout sportif. Lors des Jeux africains scolaires d’Annaba 2025, j’ai terminé vice-championne d’Afrique, avec un écart très serré. Cette expérience m’a permis de me situer parmi les meilleures et de tirer des enseignements précieux pour la suite de ma carrière.
Cap Dz : Qu’est-ce qui vous motive à poursuivre vos entraînements intensifs ?
Djihane Israa Haret : Tout contribue à ma motivation : l’environnement sportif, les conditions d’entraînement et surtout l’encadrement. Mon coach, Saad El Arabi, m’a découverte et accompagnée depuis le début de ma carrière. Il est également un pilier pour mes coéquipières, comme Takouk Achouak et Meriem Ghrib, qui contribuent à faire rayonner la lutte algérienne sur la scène nationale et internationale.
Cap Dz : À seulement 16 ans, estimez-vous que le soutien de l’État est suffisant pour encourager les jeunes talents ?
Djihane Israa Haret : Le soutien est réel et constant. Le sport scolaire, par exemple, suscite aujourd’hui un intérêt croissant. Nous remercions le président de la République, M. Abdelmadjid Tebboune, pour son engagement envers le sport scolaire. Grâce à ce soutien, la lutte a pu se développer et briller au niveau national. L’équipe nationale a même réalisé un exploit historique aux championnats africains de lutte, illustrant la force de notre école sportive dans les disciplines d’élite.
Cap Dz : Comment conciliez-vous études et pratique sportive de haut niveau ?
Djihane Israa Haret : Je veille à trouver un équilibre entre entraînement et études. Mon lycée, le lycée Pasteur d’Oran, m’apporte un soutien précieux. L’année prochaine, je passerai mon baccalauréat tout en continuant à m’entraîner et à participer aux compétitions, ce qui nécessite une grande organisation et une discipline constante.
Cap Dz : Quel message souhaitez-vous adresser aux jeunes de votre âge et quels sont vos vœux pour 2026 ?
Djihane Haret : Aux parents, je conseille de ne jamais priver leurs enfants du sport dès le plus jeune âge. Le sport enseigne la discipline, le respect, l’équilibre et le dépassement de soi. Il permet également de se protéger des mauvaises influences et de préserver la santé mentale et physique. Pour 2026, je souhaite remporter la première place aux championnats nationaux, être sélectionnée pour les compétitions africaines et, surtout, réaliser mon rêve de participer aux Jeux Olympiques, afin de représenter dignement l’Algérie. Je remercie sincèrement tous ceux qui m’ont soutenue : ma famille, mon coach Saad El Arabi, l’ensemble des encadreurs de la lutte algérienne, mes coéquipières et Cap Dz pour cet entretien.
