M. B
La gestion des affaires publiques ne saurait reposer sur l’attentisme ni sur le renvoi systématique des dossiers vers l’autorité de wilaya. C’est le message ferme qu’a adressé, hier, le wali d’Oran, Brahim Ouchene, aux responsables des différents secteurs, lors de la session ordinaire de l’assemblée populaire de wilaya (APW).
Dans une intervention sans détour, le chef de l’exécutif local a exprimé son rejet catégorique de ce qu’il a qualifié de comportements d’« assistanat administratif », observés dans le traitement de certaines préoccupations citoyennes. Des situations, a-t-il relevé, où l’absence de prise en charge est souvent justifiée par l’argument récurrent selon lequel « le dossier se trouve au niveau de la wilaya », sans fondement réel ni justification réglementaire.
Pour le wali, cette pratique traduit une fuite manifeste devant la responsabilité et une réticence à trancher ou à agir dans le cadre des prérogatives dévolues aux directions et organismes concernés. « Chaque responsable est tenu d’assumer pleinement ses missions dans les limites de ses compétences légales et administratives », a-t-il martelé, refusant que les citoyens ou les élus soient systématiquement orientés vers les services de la wilaya pour des dossiers relevant d’autres instances.
Brahim Ouchene a notamment pointé du doigt une tendance inquiétante, devenue selon lui trop fréquente, consistant à invoquer la wilaya comme ultime recours pour se soustraire à la décision. Une facilité qu’il juge inacceptable, car elle ralentit le traitement des dossiers, complique les procédures et alimente le sentiment de dysfonctionnement au sein de l’administration locale.
Dans ce sillage, le wali a invité les élus à signaler toute situation où ce type de réponse leur serait opposé. Une démarche qui s’inscrit dans une volonté affichée de suivi rigoureux et de correction des pratiques contraires à l’esprit de service public. L’objectif, a-t-il expliqué, n’est pas de centraliser davantage les décisions, mais au contraire de rétablir un fonctionnement normal et efficace des institutions à leur niveau respectif.
Rappelant le rôle de la wilaya comme organe de coordination, de supervision et d’intervention ponctuelle, le responsable a insisté sur le fait que celle-ci n’a pas vocation à se substituer aux directions sectorielles lorsque les moyens et les compétences sont disponibles localement. Les solutions, a-t-il souligné, doivent d’abord émerger des structures directement concernées.
