Wassila. B
La Chambre d’Agriculture de la wilaya d’Alger a dévoilé des chiffres qui attestent de la vitalité retrouvée du secteur des agrumes. « La production nationale devrait frôler les 18 millions de quintaux cette année, récoltés sur près de 80 000 hectares », a annoncé son président, Ibrahim Djeribia, lors du 4e Salon des Agrumes d’Alger organisé à la SAFEX. Un événement qui a rassemblé une centaine de professionnels et d’institutions autour du thème « La filière des agrumes entre réalité et enjeux ».
Cette performance, saluée comme le fruit d’une meilleure structuration du secteur, n’efface pas les défis. L’abondance de l’offre appelle une révolution logistique. Djeribia insiste sur l’urgence de moderniser les circuits de commercialisation et de développer massivement les capacités de stockage frigorifique pour limiter les pertes et préparer l’exportation, axe stratégique prioritaire.
Pour y parvenir, un outil financier de taille a été rappelé : le dispositif « Tabrid ». Fruit d’un partenariat entre le ministère de l’Agriculture et six banques publiques, il offre des crédits sans intérêt allant jusqu’à 150 millions de dinars pour financer des chambres froides. L’objectif est double : sécuriser les revenus des agriculteurs en régulant le marché et renforcer l’autonomie alimentaire nationale.
En pointe dans cette dynamique, la wilaya d’Alger, avec ses 7 000 hectares d’agrumes réputés pour leur qualité, mise sur l’intensification intelligente face à la pression foncière. « Nous encourageons l’augmentation de la densité de plantation, pour passer de 300 à 600 voire 800 arbres par hectare, et améliorer ainsi les rendements sans étendre les surfaces », a précisé Djeribia. Une stratégie qui commence à porter ses fruits, une grande partie de la production actuelle provenant d’arbres plantés en 2017, aujourd’hui à plein rendement.
L’innovation se joue aussi sur le front de l’eau. Mehdi Messaoui, directeur des services agricoles, a annoncé que tous les périmètres agricoles de la wilaya sont désormais irrigués avec des eaux usées traitées, préservant les ressources conventionnelles. Un projet d’irrigation de 4 000 hectares d’arbres fruitiers est également en étude.
Au-delà de la quantité, c’est l’avenir de la filière qui se dessine. Khelaf Allah Mechri, de l’Union nationale des agriculteurs algériens (UNAA), voit dans ces volumes conséquents une opportunité historique. « La couverture de la demande en frais étant assurée, nous devons maintenant développer l’industrie de transformation : jus, confitures, extraits… », a-t-il plaidé. La qualité naturelle et le goût des agrumes algériens constitueraient un avantage compétitif majeur pour ces nouveaux débouchés.
Les autorités, représentées par le wali délégué Mahrez Mameri, ont réaffirmé l’engagement total de l’État à accompagner cette mutation, en simplifiant l’accès au foncier et aux financements. Ce salon, plus opérationnel que jamais, se veut une plateforme pour concrétiser ces ambitions, transformant une croissance quantitative en une véritable valeur ajoutée pour l’économie nationale.




