Par H. Nassira 

Le président de l’Association Chafiallah pour l’élevage d’oiseaux et la protection de l’environnement et des animaux, Chafiallah Ben Maamar, a été l’invité de Cap DZ. Il a détaillé les ambitions de son association pour étendre le reboisement, avec la plantation prévue de 30 000 arbres dans la forêt du mont Murdjadjo, endommagée par la chenille processionnaire du pin. Il a également présenté les projets de création de refuges pour animaux errants, les initiatives de suivi des zones humides et des oiseaux migrateurs, ainsi que l’organisation d’une compétition d’élevage de pigeons.

Cap DZ : Quelles sont les nouveautés concernant la compétition que votre association organise ce samedi ?

Chafiallah Ben Maamar : L’Association Chafiallah pour l’élevage d’oiseaux et la protection de l’environnement et des animaux se prépare à organiser la deuxième édition de la compétition d’élevage de pigeons, le 10 janvier 2026, à la bibliothèque cathédrale. L’événement réunira 400 participants et sera jugé par un jury international, dont des membres espagnols, sur quatre jours. L’objectif est de valoriser la culture de l’élevage du pigeon, un patrimoine ancien en Algérie, où le pigeon jouait historiquement un rôle dans la transmission des messages.

Cap DZ : Pouvez-vous nous parler des activités de l’association concernant les oiseaux migrateurs, surtout ce mois de janvier ?

Chafiallah : Dans le cadre des partenariats avec d’autres associations et les services de l’environnement et de la conservation forestière, nous effectuons des sorties sur le terrain dans les zones humides, où migrent des oiseaux aquatiques, des échassiers et des spatules. Ces espèces sont protégées par la loi : leur chasse, leur mise à mort ou leur taxidermie sont interdites, avec des sanctions en cas de non-respect. Notre rôle est de les recenser chaque année pour suivre l’évolution de leur population.

Cap DZ : Que prévoyez-vous cette année pour la migration des oiseaux vers les zones humides d’Oran ?

Chafiallah : Nous attendons un afflux important d’oiseaux migrateurs. Oran compte 10 zones humides, dont quatre protégées au niveau national et deux localement. Ces oiseaux se reproduisent sur nos sites, migrent ensuite vers l’Europe et reviennent vers l’Algérie, car le bassin méditerranéen constitue une zone favorable.

Cap DZ : Comment identifiez-vous les oiseaux migrateurs et leur reproduction dans nos zones humides ?

Chafiallah : Nous utilisons des bagues éducatives portant des codes, importées de Bruxelles. Elles indiquent « DZ » pour l’Algérie, un numéro de série et un identifiant pour l’éleveur. Cette année, les bagues seront vertes. Elles peuvent être plastique, aluminium ou cuivre, selon le type d’oiseau, pour éviter l’oxydation ou la perte.

Cap DZ : Les zones humides de la wilaya sont-elles en bon état ?

Chafiallah : Globalement oui. Par exemple, nous n’avons pas observé de prolifération de poissons nuisibles au lac d’Oum Ghellaz depuis trois ans. La lagune de DayaT Morsli bénéficie désormais d’un traitement des eaux usées et conserve 80 % de sa surface naturelle. D’autres projets sont prévus pour les lacs de Telamin et Oum Ghellaz 

Cap DZ : Que pouvez-vous nous dire sur la campagne de reboisement « Janvier vert » ?

Chafiallah : Nous avons lancé « Janvier vert » avec la conservation des forêts et nos partenaires pour reboiser la forêt du Murdjadjo, endommagée par la chenille processionnaire et le dendroctone. Nous avons déjà planté 3 000 arbres et visons 30 000 plantations d’ici le 21 mars. La campagne sera ensuite étendue aux forêts de M’sila, Madagh et Tafraoui.

Cap DZ : Qu’en est-il des refuges pour animaux errants suite à l’interdiction de leur abattage ?

Chafiallah : Nous saluons la décision du ministère de l’Agriculture. Elle permet de protéger les chiens errants de manière humaine. Nous avons des projets pour ouvrir des refuges et procéder à la stérilisation afin de réguler leur population.

Cap DZ : Comment gérez-vous la présence de sangliers ou de serpents dans les zones naturelles ?

Chafiallah : Les sangliers se nourrissent essentiellement de déchets et jouent un rôle positif en ouvrant des passages dans la forêt et en mangeant des vers nuisibles. Quant aux serpents, la plupart ne sont pas venimeux.

Cap DZ : Quels sont vos projets pour 2026 ?

Chafiallah: Nous souhaitons restaurer la forêt d’Arzew, gravement touchée par un incendie en 2019, revitaliser la forêt de Madagh, poursuivre nos programmes de formation et de sensibilisation, et continuer à protéger nos espaces naturels.