La mesure de régularisation, un acte d’humanité

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Wassila. B

La décision prise par le président de la République, Abdelmadjid Tebboune, de régulariser la situation de jeunes Algériens en situation de précarité et irrégularité à l’étranger dépasse largement le cadre d’une simple mesure administrative. C’est un geste politique fort, salué à juste titre par les experts et diverses organisations nationales, qui parle à la fois à la raison d’État et à la conscience nationale. Dans un contexte où la question migratoire est souvent traitée sous le seul angle sécuritaire, l’Algérie fait ici le choix d’une voie éminemment responsable, équilibrée et profondément humaine.

Cette orientation s’inscrit dans une vision lucide du phénomène migratoire, qui refuse les simplifications dangereuses. En distinguant clairement les jeunes « délibérément induits en erreur » et ayant commis des « infractions légères »,  souvent par crainte ou par désespoir, des auteurs de crimes graves, l’État fait preuve de discernement et de justice. Cette distinction rigoureuse, soulignée par le Conseil supérieur de la jeunesse et l’Association « Meeting of Algeria’s Youth », est fondamentale. Elle prouve que la force d’une nation ne réside pas dans l’intransigeance aveugle, mais dans sa capacité à appliquer la loi avec rigueur tout en tenant compte de la complexité des trajectoires humaines. L’exclusion explicite des trafiquants de drogue, d’armes ou des collaborateurs avec des services étrangers hostiles réaffirme, quant à elle, l’intransigeance de l’État sur les questions touchant à la sécurité nationale.

Au-delà de l’aspect juridique, cette décision est un acte d’humanité. Elle constitue une réponse cinglante aux tentatives d’instrumentalisation politique dont ces jeunes ont pu être victimes. En tendant la main à ses enfants égarés, l’Algérie reprend la main sur son récit national et coupe court aux manœuvres de déstabilisation qui cherchaient à utiliser leur détresse contre la patrie. Comme le note le Mouvement dynamique des Algériens en France (MOUDAF), il s’agit d’un « acte fort de souveraineté, de protection nationale et de réconciliation ». L’État assume pleinement son rôle protecteur, y compris au-delà de ses frontières, démontrant que le lien de nationalité est indéfectible et qu’un Algérien n’est jamais abandonné.

C’est également un message puissant adressé à la jeunesse algérienne dans son ensemble, au pays comme à l’étranger. Un message qui dit que l’Algérie reste « une patrie ouverte à ses enfants », soucieuse de leur réintégration dans le processus national. Cette mesure renforce la confiance entre le citoyen et les institutions en montrant que l’État est capable d’écoute, de clémence et d’accompagnement. En confiant sa mise en œuvre aux consulats, symboles de l’État à l’étranger, le pouvoir opte pour « l’accompagnement, la dignité et le retour encadré, plutôt que pour l’abandon ou la stigmatisation ». Cette approche pragmatique et humaine est le meilleur antidote au désespoir qui peut pousser à la rupture.