H. Nassira

La situation environnementale dans plusieurs quartiers d’Oran est devenue critique. Les « zones noires », où les déchets s’accumulent, se multiplient malgré le travail des établissements publics à caractère industriel et commercial (EPIC) chargés de la propreté. Ces institutions, pourtant créées pour assurer l’entretien et la salubrité des espaces urbains, se trouvent aujourd’hui confrontées à de sérieux problèmes financiers et organisationnels. Le retard dans le paiement des salaires de leurs employés, souvent imputable à la lenteur des communes, entrave le bon fonctionnement des services.

Blocages politiques et enjeux financiers

Certaines communes de la wilaya connaissent des blocages internes qui aggravent la crise. À Bethioua, avant la fin de l’année 2025, des élus ont refusé d’approuver une délibération cruciale prévoyant le paiement des salaires des agents de propreté et le budget de fonctionnement et d’équipement des EPIC. Cette obstruction a poussé le wali d’Oran, Brahim Ouchene, à intervenir fermement, menaçant de retirer les délégations de fonction aux élus responsables, certains occupant des postes clés au sein de la commune.

Une intervention déterminante pour sécuriser les salaires

Face à cette paralysie, le wali a pris les mesures nécessaires pour garantir la continuité du service public. Il a exigé des communes qu’elles assurent le paiement des salaires sur 10 à 11 mois par an, en lieu et place des versements irréguliers de deux à trois mois pratiqués jusqu’alors. Toute délibération ne respectant pas cette exigence a été systématiquement refusée. Selon des sources locales, les élus de Bethioua souhaitaient en réalité créer un établissement de propreté propre à leur commune, alors que les EPIC existants, déjà en difficulté, peinent à remplir leurs missions faute de moyens suffisants.

L’EPIC Bed Net : un modèle de résilience

À l’exception de l’EPIC Bed Net, rattaché à la commune de Bir El Djir, la plupart des établissements de propreté de la wilaya traversent une crise profonde. Bed Net a réussi à se redresser après plusieurs années de mauvaise gestion grâce à la régularité du paiement des salaires et au soutien constant du conseil municipal. Aujourd’hui, cet établissement gère un budget annuel de 20 milliards de centimes et complète ses revenus par des contrats avec des écoles, des hôpitaux et d’autres institutions, assurant la stabilité financière et la mensualité des salaires de ses 300 employés. Bed Net a également élargi ses activités à la gestion du personnel des cantines et des gardiens scolaires, devenant un exemple de bonne gouvernance pour les EPIC publics.

Des quartiers toujours confrontés aux déchets

Malgré ces réussites, de nombreux quartiers, tels que haï Essabah, continuent de subir l’accumulation des déchets. Les habitants font face à des ordures entassées pendant plusieurs jours, à la présence de chiens errants et à des nuisances olfactives persistantes. La collecte reste irrégulière, mettant en lumière les limites opérationnelles des EPIC. Cette situation souligne l’urgence d’un suivi renforcé des établissements de propreté, tant sur le plan des moyens matériels que sur la protection et l’équipement des agents, particulièrement en hiver, lorsqu’ils travaillent sous la pluie sans vêtements adaptés.

Le wali d’Oran a assuré que le dossier des établissements de propreté fera l’objet d’une réforme complète dès janvier 2026, avec des directives claires adressées aux présidents de communes et aux chefs de daïras afin de rétablir durablement la salubrité et la propreté dans la wilaya.