R.M

Dans une étape décisive pour les infrastructures minières algériennes, un train commercial expérimental de la Société nationale des transports ferroviaires (SNTF) a accosté jeudi à la gare des voyageurs de Tindouf. Cet événement marque la deuxième journée de la phase d’essais sur la ligne ferroviaire minière de l’Ouest, a annoncé le ministère de l’Intérieur, des Collectivités locales et des Transports. Le convoi, chargé de tester la robustesse des infrastructures, poursuivra son parcours vers la gare de Gara Djebilet, l’un des sites miniers les plus prometteurs du pays. L’objectif : évaluer la disponibilité opérationnelle de ce tronçon vital avant sa mise en service officielle prévue dans les prochains jours. « Ces essais confirment la maturité du projet », souligne le communiqué ministériel, qui met en avant la performance technique du réseau.  Rappelons que la ligne Béchar-Tindouf-Gara Djebilet, longue de plusieurs centaines de kilomètres, est un pilier du plan national de développement minier. Lancé sous l’impulsion du président Abdelmadjid Tebboune lors du Conseil des ministres du 16 novembre 2025, ce corridor ferroviaire vise à transporter des millions de tonnes de minerai de fer par an depuis les gigantesques gisements de Gara Djebilet – estimés à plus de 3 milliards de tonnes – vers les ports du Nord et les usines sidérurgiques. Ce projet s’inscrit dans une dynamique plus large de diversification économique post-hydrocarbures. Il reliera les régions sahariennes isolées, stimulant l’emploi local et les échanges interrégionaux. Avec un investissement colossal financé par des fonds publics et partenariats internationaux, la ligne devrait booster les exportations et positionner l’Algérie comme un acteur majeur sur le marché mondial du fer. À Tindouf, cette arrivée suscite un vif enthousiasme. Les autorités locales anticipent une vague d’emplois directs et indirects, ainsi qu’un essor logistique pour la wilaya. « C’est un levier pour le développement du Grand Sud », a réagi un responsable de la SNTF sur place. La mise en service en janvier 2026 respecte scrupuleusement les instructions présidentielles, malgré les défis logistiques du désert. Prochaines étapes : finalisation des essais et inauguration officielle, qui pourrait coïncider avec une visite d’envergure.