La modernisation des Transports est en marche

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Wassila. B

L’Algérie est en train de vivre une transformation discrète mais profonde. Pendant que l’attention médiatique se focalise souvent sur les aléas de la conjoncture politique ou diplomatique, un secteur stratégique avance à pas de géant, porté par une volonté politique claire et des moyens financiers sans précédent. Il s’agit des transports, et plus précisément du chemin de fer, dont la modernisation accélérée dessine les contours de l’Algérie de demain. Sous l’impulsion du ministre des Transports, Saïd Sayoud, le secteur vient de franchir des étapes historiques. L’annonce récente du déblocage de près de 4 milliards de dollars pour l’acquisition de nouveaux trains n’est que la partie émergée d’un iceberg financier colossal. Les chiffres donnent le vertige : plus de 5 milliards de dollars de prêts accordés par le Fonds national d’investissement (FNI) à la seule SNTF, dont près de 3 milliards spécifiquement dédiés aux deux lignes minières stratégiques de l’Ouest et de l’Est.

Ces deux projets ne sont pas de simples infrastructures de transport. Ils sont les artères d’un nouveau souffle économique. La ligne de 950 km reliant le gisement de Gara Djebilet à Béchar, livrée début février, ouvre des perspectives insoupçonnées pour l’exploitation minière du Sud-Ouest. Celle de 420 km entre Blad El Hadba et Annaba fera de même pour le phosphate. En connectant les ressources du Sud et des Hauts-Plateaux aux infrastructures portuaires du Nord, l’Algérie se dote des moyens de son indépendance économique et de sa souveraineté industrielle. Mais le ministre ne s’arrête pas là. Le renouvellement de la flotte d’Air Algérie, avec une enveloppe de 2 milliards de dollars pour l’acquisition de 15 appareils, répond à une urgence : redonner à la compagnie nationale ses lettres de noblesse et offrir aux voyageurs une expérience à la hauteur des standards internationaux. C’est aussi un signal fort envoyé au secteur touristique, qui ne pourra décoller sans une desserte aérienne performante.

Ce qui émerge dans cette dynamique, c’est sa cohérence. Les investissements ne sont pas dispersés. Ils répondent à une vision : faire des transports le levier de la relance économique. Le ferroviaire pour désenclaver les zones de production et alléger le trafic routier ; l’aérien pour connecter l’Algérie au monde ; le maritime pour faire des ports des hubs méditerranéens. Bien sûr, tout reste à faire. La réalisation effective des projets, leur suivi, leur maintenance et leur bonne gestion sont des défis quotidiens. Mais pour la première fois depuis des décennies, le cap est clair, les moyens sont réunis et l’exécution suit. Saïd Sayoud et ses équipes méritent d’être salués pour avoir insufflé cette cadence nouvelle. Ils incarnent cette Algérie qui travaille, qui construit et qui avance, loin des projecteurs mais avec la détermination silencieuse de ceux qui savent que les infrastructures d’aujourd’hui sont la prospérité de demain. Le chemin est encore long, mais la voie est désormais tracée. Et pour l’avoir tracée, le ministre des Transports aura marqué son passage de son empreinte.