Meriem B

La wilaya d’Oran a vécu, hier mardi, au rythme d’une mobilisation exceptionnelle à l’occasion du concours national de recrutement des enseignants, qui a attiré plus de 27 000 candidats venus briguer 1 447 postes répartis sur les trois cycles d’enseignement. 

Par son ampleur, cette opération figure parmi les plus importantes campagnes de recrutement qu’ait connues le secteur de l’éducation dans la wilaya ces dernières années, révélant l’ampleur des attentes d’une jeunesse en quête de stabilité professionnelle dans un contexte socio-économique exigeant.

Dès les premières heures de la matinée, les abords des centres d’examen ont été le théâtre d’une affluence remarquable. Des milliers de postulants ont convergé vers les vingt centres retenus à travers plusieurs communes, dans une atmosphère mêlant tension, discipline et espoir. Pour beaucoup, ce concours représente bien plus qu’une simple épreuve académique : il constitue une opportunité décisive d’accéder à un emploi durable au sein de la fonction publique, perçue comme l’une des rares garanties de stabilité sociale.

Une mobilisation logistique et sécuritaire hors norme

La direction de l’éducation a mobilisé d’importants moyens matériels et humains afin d’assurer le bon déroulement des épreuves. Plus de 900 encadreurs — chefs de centres, surveillants, observateurs et agents d’organisation — ont été déployés pour superviser l’opération, tandis qu’une coordination étroite avec les services de sécurité a permis de sécuriser les sites et d’organiser les flux de candidats dans des conditions optimales.

Selon les précisions apportées par le directeur de l’Éducation de la wilaya d’Oran, Abdelkader Oubelaïd, cette session 2026 a enregistré exactement 27 425 candidats pour 1 447 postes budgétaires couvrant les trois paliers — primaire, moyen et secondaire. Les épreuves orales, organisées sur trois journées consécutives du 24 au 26 mars, visent à pourvoir les postes vacants et à renforcer l’encadrement pédagogique dans les établissements scolaires.

À l’intérieur des salles, le calme et la concentration ont prévalu dans le respect strict des procédures réglementaires. Les équipes d’encadrement ont veillé à fournir les consignes nécessaires avant le début des épreuves, insistant sur le respect des horaires et sur l’interdiction de tout comportement susceptible de compromettre la transparence et l’équité du concours.

Entre espoir d’emploi et défis du système éducatif

L’ampleur de la participation confirme l’attractivité persistante de la profession enseignante, qui demeure l’une des voies privilégiées vers la stabilité sociale pour de nombreux diplômés. Au-delà de la sécurité de l’emploi, ce métier conserve une dimension symbolique forte liée à la formation des générations futures et à la contribution au développement du pays.

Cet engouement massif exerce toutefois une pression considérable sur le nombre limité de postes ouverts, rendant la compétition particulièrement intense, notamment dans certaines disciplines fortement sollicitées. Entre primo-candidats tentant leur chance pour la première fois et postulants ayant multiplié les expériences précaires ou les contrats temporaires dans l’attente d’une titularisation, tous partagent la même ambition : décrocher un poste durable.

Le concours met également en lumière les défis structurels auxquels fait face le système éducatif, confronté à la nécessité permanente de renforcer ses effectifs pédagogiques afin d’accompagner l’augmentation continue du nombre d’élèves et l’expansion urbaine que connaissent plusieurs zones de la wilaya. L’objectif affiché par les autorités éducatives est d’assurer un encadrement optimal des classes et de combler les postes vacants afin de garantir la stabilité pédagogique durant l’année scolaire.

Dans ce contexte, des milliers de jeunes placent leurs espoirs dans cette échéance, perçue comme un véritable tournant professionnel et social. Faute d’alternatives suffisantes dans d’autres secteurs, l’enseignement demeure l’un des débouchés les plus sûrs pour accéder à un emploi stable au sein de la fonction publique.

Entre pression de la concurrence et aspiration à un avenir meilleur, les candidats vivent désormais dans l’attente des résultats définitifs, qui détermineront le sort de plusieurs milliers d’entre eux. Pour les lauréats, ils ouvriront les portes d’un secteur stratégique appelé à façonner les générations futures et à former les compétences dont dépendra le développement du pays, tandis que pour les autres, il faudra encore patienter et espérer une prochaine opportunité.