Wassila. B

La réforme voulue par le ministre de l’Intérieur, des collectivités locales et des Transports Saïd Sayoud se concrétise : Fini les longues files dans les services de l’état civil pour vendre ou acheter un véhicule. À partir du 5 avril 2026, l’Algérie active la troisième phase de son grand chantier de numérisation des cartes grises. Objectif : tordre le cou à la fraude et au trafic, tout en simplifiant la vie des citoyens.

C’est une révolution administrative significative qui se prépare discrètement, mais sûrement. Ce dimanche 5 avril, plusieurs communes d’Algérie (d’Alger à Constantine, en passant par Sétif et Tlemcen) basculent vers un nouveau système entièrement numérisé pour l’immatriculation des véhicules. Adieu les registres papier et les bases de données locales. Place à une plateforme centralisée, sécurisée et interconnectée.

Concrètement, les opérations d’établissement des actes de vente ne relèveront plus des services de l’état civil. Désormais, des services dédiés à l’immatriculation prendront le relais, que le véhicule soit neuf, d’occasion, importé ou fabriqué localement. Même les engins de travaux publics sont concernés.

Pour céder son véhicule ou en acquérir un, vendeur et acheteur devront se munir de trois documents indispensables : leur carte d’identité biométrique, une attestation de résidence, et deux photos d’identité. Finies les signatures sur un coin de table sans traçabilité. Chaque transaction sera désormais enregistrée dans un fichier national unique, capable de retracer tout l’historique d’un véhicule, de sa première mise en circulation jusqu’à sa sortie définitive du parc roulant.

La wilaya de Tlemcen a déjà officialisé la bascule dans un communiqué : « Le système national d’immatriculation des véhicules a été généralisé. La délivrance des cartes grises pour chaque transaction débutera via ce nouveau système à compter du dimanche 5 avril 2026. » Elle précise également que l’ancien mode de traitement, via les bases de données locales et les services d’état civil, est définitivement arrêté.

Lutte antifraude

Derrière cette modernisation, une ambition clairement affichée par le ministère de l’Intérieur : mettre un terme à la falsification des dossiers de base des véhicules, un fléau qui alimente les trafics en tout genre. Dès le lancement du système en juillet 2025, les autorités avaient présenté ce projet comme la première pierre d’un « système national intégré de gestion des véhicules ».

La nouvelle plateforme numérique ne se contente pas de centraliser les données. Elle permet une interconnexion automatique et instantanée avec les services de police, les douanes et le ministère de l’Industrie. Une manière de croiser les informations en temps réel et de rendre quasi impossible toute tentative de fraude.

Au-delà de la lutte contre les pratiques illicites, l’objectif est aussi et surtout, de faciliter le quotidien des Algériens. Finies les allers-retours fastidieux et les délais d’attente interminables. La dématérialisation des cartes grises promet des procédures d’immatriculation et de transfert de propriété plus rapides, plus transparentes, et accessibles depuis des guichets dédiés.

Avec cette troisième phase, l’Algérie confirme sa marche en avant vers une administration publique plus efficace et connectée. Et pour des millions d’automobilistes, c’est un véritable changement d’ère qui s’amorce ce dimanche.