L’annonce de la récupération de plus de 110 millions de dollars de fonds détournés et transférés illicitement à l’étranger, faite lors de la réunion du Conseil des ministres, tenue dimanche sous la présidence du président de la République, M. Abdelmadjid Tebboune, a été largement saluée, lundi par des universitaires à Constantine, qui y voient une consécration des principes de transparence et d’intégrité ainsi qu’un renforcement de la démarche adoptée par l’Etat en matière de lutte contre la corruption.

A ce propos, le Professeur Messaoud Dekhala, doyen de la Faculté des Sciences Politiques à l’Université Constantine 3 Salah-Boubnider, a estimé que cette annonce constitue « la poursuite des progrès réalisés dans le  dossier du recouvrement des fonds pillés et représente une victoire de la volonté politique visant à ancrer les principes de transparence et de gouvernance, tout en renforçant la confiance du citoyen envers les institutions de l’Etat ». Il a souligné que « la gestion rigoureuse de ce dossier constitue la pierre angulaire du projet de construction de l’Algérie nouvelle, car elle dépasse la simple récupération d’actifs matériels pour consacrer la moralisation de la vie politique et le tarissement des sources de l’argent sale ».   

De son côté, le Professeur Zoheir Zouache, vice-doyen de la Faculté des Sciences Economiques, Commerciales et des Sciences de Gestion à l’Université Constantine 2 Abdelhamid-Mehri, a souligné que le recouvrement de ces fonds est de nature à  » soutenir le trésor public et à permettre leur affectation au financement de projets de développement prioritaires « .

Le même intervenant considère que cette opération porte également  » un message fort de rassurance aux investisseurs quant à l’amélioration du climat des affaires et au renforcement des mécanismes de contrôle financier, ce qui contribue à instaurer un environnement d’investissement transparent et stable, susceptible de stimuler le flux d’investissements qualitatifs à forte valeur ajoutée, au service de la stabilité économique et du éveloppement durable « .

Pour sa part, M. Mehdi Chebarkha, enseignant de comptabilité et fiscalité à l’Université Constantine 2, a expliqué que la récupération de ces fonds représente  » une victoire pour les normes comptables de contrôle « .

Il a considéré que  » l’activation des mécanismes de traçabilité financière permet de prévenir toute manipulation des deniers publics à l’avenir, tout en garantissant l’orientation des ressources vers des investissements productifs « .

Dans le même contexte, M. Nadir Hamlaoui, enseignant de droit à la Faculté de droit de l’Université Constantine 1, a précisé que  » le processus judiciaire suivi par l’Etat pour recouvrer les fonds détournés repose sur un arsenal juridique en adéquation avec les conventions internationales de lutte contre la corruption « , notant que la coopération internationale dans la restitution de ces fonds  » a consolidé la crédibilité de la justice algérienne auprès des instances juridiques et financières internationales ».

Des enseignants universitaires et des experts en économie des wilayas de l’Ouest ont estimé, lundi, que la récupération des fonds détournés constitue une démarche audacieuse et un acquis stratégique pour l’Algérie.

A ce sujet, le doyen de la Faculté de droit et des sciences politiques de l’Université Djilali-Liabès de Sidi Bel-Abbes, le professeur Tayeb Brahim Ouis, a affirmé que la récupération des fonds détournés représente « un acquis stratégique pour l’Etat algérien, car elle reflète une activation réelle des mécanismes de la justice internationale et renforce le principe de l’Etat de droit ».

Des experts en économie et en droit ont mis en avant, lundi, l’importance des mesures juridiques prises par l’Algérie pour récupérer ses fonds et biens détournés et illicitement transférés à l’étranger, estimant qu’il s’agit là du « fruit d’un travail rigoureux mené par les institutions de l’Etat ».

Dans une déclaration à l’APS, le consultant international en développement économique, Abderrahmane Hadef a estimé que le dossier de la récupération des fonds détournés constitue un dossier « des plus sensibles et complexes dans le processus de transformation économique et institutionnelle », car il « ne se limite pas à la lutte contre la corruption, mais reflète également le passage de l’Etat à une nouvelle ère fondée sur le recouvrement de la souveraineté financière et le renforcement de la crédibilité des institutions, tant au niveau local qu’à l’étranger ».