Wassila. B
Pour la deuxième année consécutive, l’Algérie importera un million de moutons en prévision de l’Aïd-el-Adha 2026, qui sera célébré fin mai. Cette décision, annoncée par le Premier ministre Sifi Ghrieb ce mercredi 7 janvier, émane d’une instruction directe du président Abdelmadjid Tebboune.
L’objectif est de soutenir le marché national et assurer un approvisionnement à des prix maîtrisés pour les familles. Le ministre de l’Agriculture, Yacine Oualid, a été chargé de mettre en œuvre cette mesure « immédiatement ».
Face à la flambée des prix en 2025, due à la sécheresse et au coût des aliments pour bétail, une importation similaire avait permis à de nombreux Algériens d’acquérir un mouton à un prix abordable, autour de 40 000 dinars, contre plus de 100 000 DA pour un ovin local. Les principaux fournisseurs avaient alors été l’Espagne et la Roumanie.
Aujourd’hui, le marché local reste sous pression. Le prix d’un mouton « made in Algeria » fluctue toujours entre 80 000 et 150 000 DA, rendant cette mesure d’importation massive cruciale pour l’accessibilité de la fête.
À ce stade, les autorités n’ont pas communiqué sur le prix de vente fixé pour les moutons importés cette année, ni sur le calendrier précis des arrivées.
Cette décision réitérée du président Tebboune s’inscrit dans une vision pragmatique et sociale, visant à concilier urgence du pouvoir d’achat et soutien à moyen terme à la filière agricole nationale. En garantissant un approvisionnement à prix maîtrisé, l’État permet à des millions de familles de célébrer dignement l’Aïd-el-Adha, tout en apaisant la pression spéculative sur le marché local. Parallèlement, les économies réalisées par les ménages grâce aux moutons importés pourraient être réinjectées dans d’autres secteurs de l’économie nationale. Cette mesure temporaire, couplée aux investissements publics annoncés dans l’agriculture et l’élevage, témoigne d’une stratégie équilibrée : répondre dans l’immédiat aux besoins sociaux tout en travaillant à renforcer, sur le long terme, la souveraineté et la productivité du secteur ovin algérien.
