B.Y
Après plus d’une année d’interruption, le Centre hospitalo-universitaire (CHU) Abdelkader-Hassani de Sidi Bel-Abbès a relancé ses opérations de greffe de cornée dans le cadre du programme national de transplantation d’organes.
Cette reprise marque un jalon important pour la prise en charge des pathologies oculaires graves dans l’Ouest du pays, a annoncé mercredi la cheffe du service d’ophtalmologie, Dr Nesrine Douadji. Six greffes ont déjà été réalisées au bénéfice de patients originaires de plusieurs wilayas, tous atteints de pathologies cornéennes avancées. « Ces opérations hautement spécialisées restaurent la vision chez des personnes qui n’y répondaient plus aux traitements classiques », a précisé la spécialiste. Elles consistent à remplacer la cornée endommagée par un greffon prélevé sur un donneur compatible, sous anesthésie locale ou générale, avec un suivi post-opératoire rigoureux pour minimiser les risques de rejet. Cette activité interrompue en raison de contraintes logistiques (disponibilité des greffons et maintenance des équipements) témoigne des efforts continus pour renforcer les capacités locales en transplantation. Le Dr Mohamed Hamdane, spécialiste en chirurgie ophtalmologique, a détaillé les indications principales : Opacification cornéenne et kératocône avancé, déformant la cornée et altérant gravement la vision ; Infections sévères ou lésions traumatiques, souvent sources de cécité irréversible. « En Algérie, les maladies cornéennes contribuent à environ 10% des cas de cécité évitable, selon les données de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) adaptées au contexte national », a-t-il expliqué. La greffe, via des protocoles médicamenteux immunosuppresseurs et chirurgicaux avancés, offre un taux de succès de 90% dans les centres équipés. Le CHU dispose désormais d’équipements de pointe (microscopes opératoires, banques de cornées) et de greffons conformes aux normes internationales. Le personnel médical et paramédical a bénéficié d’une formation spécialisée, inscrite dans une stratégie nationale pour développer les compétences en transplantation. « Cela élève nos performances et réduit la dépendance aux centres de la capitale », a ajouté le Dr Hamdane. Cette reprise est une « lueur d’espoir » pour les milliers d’Algériens en attente de greffe, particulièrement dans les régions rurales où l’accès aux soins spécialisés reste limité. Elle reflète les progrès du système de santé public : en 2025, le pays a enregistré une hausse de 25% des transplantations d’organes, grâce à une meilleure coordination entre donneurs, hôpitaux et Agence nationale de la transplantation. Les responsables appellent à un don du sang et des organes accru pour soutenir ces avancées, soulignant l’impact socio-économique : une vision restaurée permet à de nombreux patients de retrouver emploi et autonomie.




