H. Nassira
L’Organisation nationale des Moudjahidines et des ayants droit a récemment mis en place une instance provisoire pour assurer la gestion du bureau de la wilaya d’Oran, en vue de préparer une assemblée générale provinciale dans les plus brefs délais. Cette instance, composée de cinq membres — quatre moudjahidines et un fils de moudjahid — a été désignée par décision du secrétaire général de l’organisation.
Mais cette initiative n’a pas été accueillie favorablement par l’ensemble des acteurs de la famille révolutionnaire. Trois structures affiliées — l’Organisation nationale des enfants de Chouhada de la wilaya, l’Organisation des enfants de moudjahidines et l’Association des anciens condamnés à mort — ont fermement rejeté cette désignation, dénonçant une décision unilatérale et dépourvue de consensus.
Lors d’une réunion tenue ce dimanche au siège de l’Organisation des Moudjahidines à Oran, ces trois entités ont signé un communiqué dans lequel elles exhortent le secrétaire national Hamza El Aoufi à revoir la composition de la commission provisoire, qu’elles jugent contraire aux principes de gouvernance de l’organisation. Elles ont également exprimé leur regret face à l’évolution de la situation organisationnelle, qui, selon elles, fragilise la structure centrale de la famille révolutionnaire.
Cette crise fait suite à la dissolution du bureau de la wilaya d’Oran et à l’annulation de deux décisions de la secrétaire nationale datées du 18 janvier 2023, enregistrées sous les numéros 51 et 52. Ces mesures avaient déjà été contestées par certains représentants de la famille révolutionnaire, qui avaient exprimé leur refus de les appliquer pour plusieurs motifs.
Les opposants défendent le mandat du bureau actuel, présidé par le secrétaire de wilaya Farès Saghir, mettant en avant la stabilité de l’organisation et les résultats obtenus : relance des activités, organisation de séminaires historiques, ouverture du siège à toutes les structures de la famille révolutionnaire — moudjahidines, ayants droit, enfants de moudjahidines et de martyrs, veuves et anciens condamnés à mort — et obtention récente du titre de propriété du siège situé sur le boulevard de l’ALN (Front de Mer).
Lors d’une réunion tenue jeudi dernier, le bureau de wilaya a dénoncé des mesures qualifiées de « coercitives », qui viseraient selon lui à déstabiliser l’organisation et à contourner les procédures légales du scrutin. Les participants ont réaffirmé leur attachement à la légitimité électorale, rappelant que leur mandat découle de l’assemblée générale élective, seule instance habilitée à accorder ou retirer la confiance conformément aux statuts. Toute tentative de créer une commission provisoire serait ainsi une violation de la volonté des bases et des principes organisationnels.
Alors que le secrétaire de wilaya est tenu de remettre les clés du siège et son contenu, ainsi que les deux véhicules, une assemblée générale pourrait être convoquée dans les prochains jours. L’objectif est clair : privilégier le dialogue et la décision par vote, plutôt que des nominations unilatérales, afin de restaurer la cohésion au sein de la famille révolutionnaire d’Oran.




