H. Nassira
À quelques jours de l’échéance fixée au 15 mai par l’Autorité nationale indépendante des élections pour le dépôt des dossiers de candidature, qu’il s’agisse des partis politiques ou des candidats indépendants, les formations politiques dispensées de la collecte de signatures – au nombre de six dans la wilaya d’Oran – s’activent pour finaliser leurs listes en vue des élections législatives du 2 juillet. Certaines d’entre elles ont déjà arrêté et validé leurs candidatures. Il s’agit notamment du FLN, du RND, du MSP, du TAJ, du Front El Moustakbel et du Mouvement El Bina El Watani.
Une compétition précoce s’installe sur les réseaux sociaux
Dans une atmosphère marquée par l’attente et le suspense, les réseaux sociaux sont devenus, ces derniers jours, le principal espace d’expression de plusieurs aspirants à la candidature. Ces derniers ont devancé le calendrier officiel, alors que le lancement de la campagne électorale n’est prévu que pour le 9 juin.
Annonces de candidature, publications de biographies politiques, mise en avant de parcours personnels et de capital de notoriété : de nombreux prétendants ont investi la sphère numérique pour occuper le terrain médiatique en amont. Parmi eux figurent des visages connus de la scène politique locale, des élus en exercice ou anciens parlementaires, ainsi que des acteurs issus de la société civile.
Certains adoptent une stratégie d’exposition précoce, tandis que d’autres s’emploient à mettre en avant des bilans d’action, souvent liés à des programmes publics relevant de secteurs tels que le logement, l’éducation, la santé, les transports ou encore l’aménagement urbain.
Les mêmes figures politiques à l’assaut des scrutins
À l’approche du scrutin du 2 juillet, les réseaux sociaux reflètent une compétition dominée par des figures déjà présentes dans les assemblées élues. Nombre d’entre elles multiplient les annonces de candidature, accompagnées de biographies politiques détaillées, tout en évitant d’afficher explicitement un programme électoral, afin de ne pas être exposées à des accusations de précampagne.
Dans plusieurs cas, des réalisations relevant de l’action publique locale sont mises en avant comme éléments de valorisation personnelle, donnant lieu à une appropriation politique de projets étatiques ou sectoriels.
Plus largement, les observateurs relèvent que près de 95 % des députés sortants et environ 70 % des élus locaux ambitionneraient de reconduire leurs mandats, que ce soit au niveau législatif ou des assemblées locales. Un nombre significatif de dossiers aurait déjà été déposé auprès de différentes formations politiques, y compris pour des profils faisant l’objet de poursuites judiciaires ou de procédures en cours, en dépit des dispositions légales encadrant l’éligibilité de certaines catégories.
Dans ce contexte, l’attention est désormais tournée vers la publication officielle des listes de candidatures, qu’elles soient issues des partis politiques ou des listes indépendantes. Celles-ci seront soumises à l’examen de l’Autorité indépendante des élections, chargée de statuer sur leur conformité, après vérification et instruction des dossiers, conformément aux dispositions en vigueur.
Pressions, rumeurs et stratégies d’influence à la veille des arbitrages
À mesure que l’échéance de dépôt approche, des dynamiques parallèles se dessinent, marquées par la multiplication de campagnes de dénigrement et de pressions ciblées. Sur les réseaux sociaux, certains comptes s’emploient à diffuser des informations sensibles ou contestées, dans une logique de déstabilisation de candidatures concurrentes, au moment où les formations politiques affinent leurs choix finaux.
Dans le même temps, les partis accélèrent leurs processus internes de validation. Au FLN, les instances locales ont entamé l’examen des dossiers de candidatures pour la wilaya d’Oran, après réception de plusieurs propositions de listes placées sous la supervision de la direction compétente.
Le RND, pour sa part, maintient une certaine réserve, en attendant la validation officielle de sa liste. Le Mouvement El Bina El Watani a annoncé la tenue d’une session extraordinaire de son conseil de wilaya à Oran, consacrée à l’adoption de sa liste de candidats pour les législatives du 2 juillet.
De son côté, le Mouvement de la société pour la paix a finalisé son processus de désignation à travers une session de son conseil de wilaya tenue vendredi dernier, au cours de laquelle ont été examinés le rapport final de la commission des candidatures et la liste arrêtée pour le prochain scrutin.
Ces étapes traduisent l’avancement global du processus au sein des sept formations dispensées de la collecte de signatures individuelles, auxquelles s’ajoute le Parti des travailleurs, qui affirme avoir été parmi les premiers à finaliser la collecte des parrainages et la constitution de sa liste.
Dans un climat politique particulièrement tendu, la phase de dépôt des candidatures s’annonce décisive. Elle se déroulera sous le regard attentif de l’Autorité indépendante des élections, appelée à trancher sur la conformité des dossiers et à garantir les conditions d’une compétition encadrée par la loi et les principes de transparence.




