H. Nassira
Dans un contexte marqué par la pression sur le pouvoir d’achat et la vigilance accrue face à la spéculation, la wilaya d’Oran a enclenché, cette semaine, le dispositif d’organisation du marché des moutons de l’Aïd avec l’ouverture progressive de 16 points de vente répartis à travers les neuf daïras. Une opération qui s’accompagne d’un premier infléchissement des prix et d’un encadrement renforcé visant à assainir les circuits de commercialisation.
La mise en place du dispositif de vente encadrée des moutons de l’Aïd commence à se concrétiser sur le terrain à Oran. Depuis jeudi en fin d’après-midi, l’ouverture de l’abattoir communal de la ville a marqué le lancement effectif de cette opération, présentée comme une étape clé dans la régulation d’un marché traditionnellement sensible aux tensions spéculatives à l’approche de l’Aïd El-Adha.
Cette première ouverture intervient dans le cadre d’un plan progressif qui prévoit la mise en service de 15 autres points de vente d’ici le début de semaine, portant à 16 le nombre total de sites dédiés à la commercialisation des ovins à travers la wilaya. Le dispositif repose sur une organisation encadrée de l’activité des éleveurs, soumis à un système d’autorisation par carte, destiné à réduire les intermédiaires et à limiter les pratiques spéculatives.
Selon des informations recueillies par CapDz, l’inauguration officielle de cette campagne pourrait être lancée depuis le marché à bestiaux d’El Kerma par la direction des services agricoles. En attendant, l’ouverture de l’abattoir communal d’Oran a permis d’amorcer la dynamique, dans une ambiance marquée par une affluence notable de citoyens venus s’enquérir des prix et de la disponibilité des moutons, aux côtés d’éleveurs issus notamment des wilayas d’El Bayadh, de Naâma et de Djelfa.
Sur le plan des prix, une première tendance à la baisse a été constatée. Les moutons de l’Aïd sont désormais proposés à partir de plus de 10 millions de centimes, avec des catégories oscillant entre 12 et 13 millions de centimes, alors que certains sujets étaient récemment affichés jusqu’à 16 millions de centimes. Une évolution encore timide, mais qui reflète les premiers effets de la mise en place des points de vente encadrés.
Les observateurs du marché estiment que cette détente pourrait se poursuivre au cours des prochains jours, à mesure que le réseau de distribution officiel sera pleinement opérationnel. Toutefois, cette évolution reste conditionnée par la capacité des autorités à contenir les dérives spéculatives, notamment les reventes hors circuit officiel qui continuent d’alimenter les tensions sur les prix.
Dans ce contexte, la situation demeure particulièrement sensible pour les ménages à revenus moyens et modestes, dont une partie n’a pas pu accéder à la plateforme numérique dédiée à l’acquisition des moutons importés, proposés à cinq millions de centimes. Pour nombre de familles, l’achat d’un mouton de l’Aïd s’apparente ainsi à un effort financier important, souvent soutenu par l’endettement ou des arrangements de paiement.
À quelques semaines de l’Aïd El-Adha, prévu le 27 mai, la tendance traditionnelle observée dans les foyers reste la même : attendre la dernière semaine pour procéder à l’achat, dans l’espoir d’une offre plus abondante et de prix plus accessibles. Mais cette année encore, la question du seuil de prix abordable demeure au centre des préoccupations, avec une forte demande pour des moutons situés entre 7 et 8 millions de centimes, un segment dont la disponibilité effective sur le marché reste, pour l’heure, incertaine.




