Meriem B

À l’approche du mois sacré de Ramadan, les marchés de la wilaya d’Oran connaissent une hausse vertigineuse des prix des produits alimentaires de base. Malgré l’abondance de l’offre et les assurances des autorités quant à la stabilité des prix, la réalité sur le terrain est toute autre. Les légumes, les fruits et les viandes ont atteint des niveaux inédits, mettant en difficulté les ménages, notamment ceux à revenu modeste.
Les viandes, qu’elles soient rouges ou blanches, n’échappent pas à cette flambée des prix. Le poulet, souvent privilégié comme alternative plus abordable à la viande rouge, est désormais vendu à 420 DA le kilogramme, tandis que le prix de l’agneau a atteint les 2600 DA et du bœuf dépasse les 3 000 DA le kilogramme, le rendant hors de portée pour une grande partie des ménages. Face à cette situation, de nombreuses familles se voient contraintes de réduire leur consommation de viande ou de la réserver aux grandes occasions.
Si les commerçants justifient cette envolée par un déséquilibre entre l’offre et la demande, les consommateurs, eux, dénoncent une spéculation flagrante. Selon les vendeurs, l’augmentation des prix serait due à l’afflux massif des acheteurs cherchant à constituer leurs réserves avant le début du mois sacré, ce qui fait mécaniquement grimper les prix. Mais pour les citoyens, il s’agit avant tout de pratiques spéculatives, qui se répètent chaque année, profitant de la forte demande pour maximiser les profits.
Face à la grogne des consommateurs, les autorités ont annoncé une série de mesures visant à réguler le marché et lutter contre la spéculation. Parmi les actions mises en place, le renforcement du contrôle des marchés prévoit des opérations de surveillance accrues pour sanctionner les pratiques abusives. Par ailleurs, l’ouverture de marchés de proximité, appelés “Marchés d’Errahma”, vise à proposer des produits à des prix étudiés, tandis que l’augmentation de l’offre en produits essentiels devrait permettre un approvisionnement renforcé des marchés de gros. De plus, la multiplication des points de vente directe entre producteurs et consommateurs devrait limiter les intermédiaires et réduire les coûts. Cependant, malgré ces initiatives, l’impact sur les prix reste limité. De nombreux consommateurs expriment leur scepticisme, rappelant que ces mesures se heurtent souvent à des réseaux de spéculateurs bien organisés.
Dans le cadre de ces efforts, la wilaya d’Oran prévoit l’ouverture de neuf marchés d’Errahma, répartis sur l’ensemble des communes, afin de proposer des produits alimentaires à des tarifs plus accessibles. Ces espaces commerciaux, mis en place chaque année, visent à soulager les familles aux revenus modestes en leur offrant des alternatives face à la flambée des prix. Toutefois, les consommateurs restent prudents et attendent de voir si ces initiatives permettront réellement d’enrayer la hausse excessive des prix. Beaucoup espèrent une stabilisation des tarifs après la première semaine du Ramadan, période où la frénésie d’achat diminue traditionnellement.
En attendant, les ménages oranais doivent jongler entre les contraintes budgétaires et la nécessité de préparer un mois de jeûne dans des conditions dignes. Face à cette situation, nombreux sont ceux qui appellent à une application stricte de la loi contre la spéculation et une vigilance accrue des autorités pour freiner l’inflation qui pèse lourdement sur leur quotidien.