Wassila. B 

Le président Tebboune a reçu, hier, le vice-président du Conseil des ministres et ministre des Affaires étrangères et de la Coopération internationale de l’Italie, M. Antonio Tajani, et la délégation l’accompagnant, indique un communiqué de la Présidence de la République. L’audience s’est déroulée en présence du directeur de Cabinet à la Présidence de la République, M. Boualem Boualem, du ministre d’État, ministre des Affaires étrangères, de la Communauté nationale à l’étranger et des Affaires africaines, M. Ahmed Attaf, du Directeur général Europe au ministère des Affaires étrangères, M. Toufik Djouama, et de l’ambassadeur d’Algérie à Rome, M. Mohamed Khelifi.

Le vice-président du Conseil des ministres italien, ministre des Affaires étrangères et de la Coopération internationale, M. Antonio Tajani, effectue une visite officielle en Algérie. Ce haut responsable italien a été reçu par M. Ahmed Attaf, indique un communiqué du ministère. Les deux ministres ont présidé une séance de travail élargie, avec la participation des secrétaires généraux des ministères des Affaires étrangères et les membres des délégations des deux pays, ayant porté sur les progrès réalisés dans le cadre du renforcement des relations de coopération et de partenariat algéro-italiennes dans leurs diverses dimensions politique, économique et humaine, précise la même source. A cet égard, les deux ministres ont salué « la dynamique remarquable des relations bilatérales et l’intensité des échanges de visites et de consultations bilatérales », soulignant « les échéances bilatérales à venir ». Lors de cette rencontre, les deux parties ont également « abordé l’actualité aux niveaux régional et international et échangé leurs points de vue et analyses sur les récents développements dans l’espace méditerranéen, au Sahel et au Moyen-Orient », conclut le communiqué. L’Algérie et l’Italie qui partagent une forte volonté politique commune de renforcer leurs liens synergiques et stratégiques, intensifient les partenariats offrant des opportunités prometteuses pour l’avenir. Les deux pays aspirent à un partenariat de plus en plus global, combinant un ancrage méditerranéen, des synergies économiques et de multiples défis communs. Le 5e Sommet intergouvernemental prévu, cette année à Rome, vise à consolider ces convergences, notamment via le Plan Mattei, une initiative italienne pour des partenariats équitables avec l’Afrique, dont l’Algérie est un pays prioritaire. Les liens historiques sont symbolisés par la figure d’Enrico Mattei qui a soutenu la Révolution durant la guerre pour le recouvrement de l’indépendance algérienne. L’Algérie est le premier fournisseur de gaz naturel de l’Italie, avec des exportations atteignant 35 % des parts de marché italiennes en 2023. Le gazoduc TransMed Enrico Mattei, reliant l’Algérie à l’Italie via la Tunisie, est un pilier de cette coopération, avec une capacité annuelle de 33,15 milliards de m³. Les deux pays ont renforcé leurs accords énergétiques, notamment avec un projet d’interconnexion électrique via un câble sous-marin et surtout un gros contrat de 4 milliards de dollars pour la production pétrolière et gazière et l’exploration d’énergies renouvelables (solaire, hydrogène vert) et la transition énergétique, visant à réduire la dépendance italienne aux hydrocarbures russes. Les deux États ont signé deux accords dans le secteur de l’énergie. Un accord paraphé entre Sonatrach et le groupe Italien ENI, prévoit de grands projets gaziers pour en augmenter les volumes exportés vers l’Italie. Les échanges commerciaux, passés de 8 à 21 milliards de dollars entre 2021 et 2023, devraient poursuivre leur tendance haussière. Au-delà de l’énergie et du commerce, les partenariats se diversifient dans l’agriculture. L’Algérie et le groupe italien Bonifiche Ferraresi (BF) ont signé, en été dernier, un contrat pour cultiver du blé, des légumes secs et implanter des unités de fabrication de pâtes alimentaires à Timimoun. Ce mégaprojet prévu sur une surface de 36.000 hectares est porté par des investissements italiens de 420 millions de dollars. A El Ménéa, les Italiens ont également un projet de cultures stratégiques (canne à sucre, céréales) sur 50 000 hectares. Dans le secteur automobile, l’usine de la marque italienne Fiat (du groupe multinational Stellantis) à Oran illustre une volonté politique commune de hisser le partenariat industriel. Dans le domaine des Start-ups, des mémorandums d’entente ont été conclus visant à stimuler l’entrepreneuriat et l’innovation technologique.