A l’heure ou les plus hautes instances du pays appellent et encouragent les femmes à se lancer dans l’entreprenariat en allégeant les dossiers et apportant les facilités pour la création de leur propre activité, il se trouve que du côté de la direction des affaires sociales d’Oran, les nouvelles exigences tentent plutôt de décourager toute initiative allant dans ce sens. Des jeunes femmes qui postulent pour l’ouverture de crèches ou de garderies d’enfants, se sont retrouvées cette semaine face à une nouvelle exigence concernant le local devant servir à de telles activités, il faudrait désormais aux postulantes, de justifier d’un local de « 8 pièces (F8) », pour prétendre à une autorisation d’exercer de la part de la DASS.

Mustapha Zitouni

Elles sont nombreuses à Oran, les femmes ayant réfléchi à un projet de crèche comme activité d’une utilité indéniable et ayant plusieurs impacts positifs et pour les parents qui travaillent et qui ont un problème pour garder leurs enfants en bas âge et pour la création d’emploi et en même temps, pour répondre à la politique du travail menée par notre gouvernement, qui incite et encourage, les citoyens à créer leur propre entreprise. Après avoir collecté les pièces du dossier exigé pour la création de crèche ou de garderie et après avoir rempli les conditions d’enquête d’habilitation menée par les services de sureté et ceux de la protections civile, des femmes ayant postulé pour une telle activité croyant avoir passé les étapes demandées, se sont retrouvées en bute à une nouvelle condition fournie par la direction des affaires sociales, qui est celle du local qui devrait être constitué de pas moins de huit pièces (F8), « votre dossier est refusé a cause de la superficie de votre local » a déclaré une responsable au niveau du service des crèches à la direction de l’action sociale à Oran. Elle a précisé que « la nouveau cahier de charge, stipule que le local doit être un F8 ». Une surprise pour les femmes qui pensaient avoir rempli toutes les conditions pour enfin lancer leur activité qu’elles ont murement réfléchie et bien préparée, sauf qu’au niveau de la DAS d’Oran, il en faudrait beaucoup plus. Un découragement et une entrave purement bureaucratique selon nos interlocutrices totalement abattues par cette nouvelle donne, qui ferait partie du nouveau cahier de charges nouvellement établi. Certaines de nos interlocutrices avaient même anticipé en engageant toutes leurs économies pour l’achat d’équipements spécifiques et l’aménagement de leur local, mais qui se retrouvent malheureusement, totalement perdues, voyant leurs espoirs s’envoler et leur projet tomber à l’eau.
Une décision de la part de la DAS qui va à contre-courant de la réalité du pays, car selon nos sources, louer une villa avec 8 pièces, reviendrait à pas moins de 120.000 voire 150.000 dinars par mois soit entre 144 millions voire 180 millions annuellement, est-ce vraiment raisonnable pour encourager les citoyen et notamment les femmes à lancer leur propres activités, ceci en parlant uniquement de crèche ou de garderie d’enfants.
Pour ce qui est du discours officiel, la ministre de la Solidarité nationale, de la Famille et de la Condition de la femme, GhaniaEddalia, a affirmé que son département « ambitionnait d’atteindre un taux de 40% en terme d’entrepreneuriat féminin pour promouvoir le développement local et affirmer la présence de la femme dans ce domaine, détenu exclusivement par les hommes ».
Une forme d’encouragement aux femmes pour entreprendre, une vision qui ne semble pas être partagée par la direction de l’action sociale et de solidarité (DASS) d’Oran.

Impacts d’une décision dissuasive

Le manque de crèches et de garderie d’enfants se posent visiblement pour de nombreux parents notamment ceux qui par leurs métiers se trouvent face à un véritable dilemme, « qui pour garder mon enfant », et a dernière condition de la DASS d’Oran d’exiger une maison à huit pièces pour prétendre à l’ouverture d’une crèche ou une garderie, n’est pas sans conséquence aux femmes désireuses de lancer une telle activité noble, il faut le signaler.
En éliminant une partie des prétendants à l’ouverture de crèches, un problème se pose aux parents aux revenus moyens et pour cause, les tarifications proposées par les différentes crèches ou garderie varient de 4.000 et 5.000 dinars et peuvent pour certains prestataires atteindre les 10.000 et 15.000 dinars mensuellement. Ce qui pose le problème pour certains parents fonctionnaires de ne pouvoir se permettre de dépasser un certain seuil du budget qu’ils peuvent mettre pour faire garder son enfant en crèche ou en garderie.
La norme comme dans tout secteur d’activité, c’est de permettre de proposer une tarfications variée pour tous les budget en tenant compte du faible pouvoir d’achat des citoyens et en tenant compte d’une réalité pratique que semble négliger la direction de l’action social en posant des conditions draconiennes qui éliment de fait, les petites activités aux faibles moyens et ne pas laisser place uniquement aux entrepreneurs pouvant se permettre d’engager de gros moyens pour lancer leurs activités.

Dans le cadre de nos investigations, on apprendra qu’une fonctionnaire au niveau de la direction de l’action sociale et de la solidarité possède une activité justement dans le même domaine, selon nos sources, cette dernière serait à la tête de trois crèches prête nom en activité dans des villas, ce qui pourrait laisser place à quelques interrogations légitimes de la part des postulantes à l’ouverture d’une crèche mais qui malheureusement semblent avoir trouvé des contraintes à mener à terme leur projet.