Sous la pression constante du travail et des responsabilités familiales, les femmes actives paient un lourd tribut psychologique. Une étude universitaire menée à Oran révèle des chiffres édifiants: près de 95% d’entre elles souffrent d’un épuisement professionnel aigu, symptômes d’un mal silencieux encore trop ignoré.
Par Djamila M.
Une étude académique menée à Oran par la professeure retraitée Zohra Chaâbane, dans le cadre d’une thèse de doctorat intitulée « Stress psychologique, mécanismes d’adaptation et locus de contrôle chez les femmes actives – Résultats de l’étude préliminaire », met en lumière une réalité sociale et psychologique préoccupante touchant une large frange des femmes travailleuses. Les conclusions de cette recherche, menée auprès d’un large échantillon de femmes salariées, révèlent que 70 à 80 % d’entre elles subissent une charge professionnelle excessive, altérant profondément leur équilibre entre vie privée et vie professionnelle. Ce déséquilibre constant engendre une pression continue et un sentiment d’épuisement généralisé.
Plus alarmant encore, 95 % des femmes interrogées présentent des signes d’épuisement professionnel aigu, témoignant d’un stress chronique qui s’installe durablement. L’étude souligne que le facteur temporel est l’un des principaux déclencheurs de cette détresse psychologique, les femmes peinant à concilier les exigences du travail et les responsabilités familiales. Ce double fardeau, souvent invisible mais omniprésent, compromet leur santé mentale, érode leur motivation et met en péril la stabilité du foyer. La chercheuse note que cette situation, loin d’être marginale, constitue un véritable phénomène social nécessitant une prise en charge institutionnelle urgente.
Au-delà de l’aspect individuel, la professeure Chaâbane met en évidence les conséquences collectives du stress professionnel féminin. Le malaise psychologique des femmes actives ne se limite pas à leur bien-être personnel : il se répercute sur la qualité des relations familiales, la productivité au travail et, plus largement, sur le tissu social. L’absence de soutien psychologique et institutionnel apparaît comme un facteur aggravant, rendant difficile toute tentative de gestion ou de prévention du stress. Sans dispositifs adaptés, les femmes se retrouvent seules face à une charge émotionnelle et mentale qui dépasse leurs capacités d’adaptation.
Face à ces constats, la chercheuse ne se contente pas de dresser un diagnostic alarmant. Elle avance une série de recommandations concrètes visant à améliorer la santé mentale et les conditions de travail des femmes actives. Parmi ses propositions figurent l’organisation d’ateliers de formation sur les mécanismes d’adaptation et le développement du « locus de contrôle », la création d’environnements de travail participatifs plus attentifs aux besoins psychologiques et sociaux des employées, ainsi que la restructuration des espaces professionnels afin de réduire les tensions et de favoriser le bien-être. Elle insiste également sur la nécessité d’encourager de nouvelles recherches portant sur l’impact des charges domestiques et familiales sur l’équilibre psychologique des femmes salariées.
À travers cette étude, l’université apporte une contribution scientifique précieuse à la compréhension du mal-être au féminin dans le monde du travail. En révélant l’ampleur du stress et de l’épuisement professionnel chez les femmes actives, la recherche de la professeure Chaâbane invite à repenser les politiques d’accompagnement, à promouvoir la santé mentale au sein des institutions et à reconnaître pleinement la valeur du bien-être psychologique comme un pilier essentiel du progrès social.



















