I.Yacine

Le ministre des Moudjahidine et des Ayants droit, Abdelmalek Tachrift, et la ministre de la Culture et des Arts, Malika Bendouda, ont participé jeudi à la commémoration du 193ᵉ anniversaire de la première allégeance à l’Émir Abdelkader à Mascara. La cérémonie s’est déroulée dans une atmosphère chargée de mémoire nationale et de célébration des moments fondateurs de l’État algérien moderne. L’ouverture du colloque national consacré à l’Émir Abdelkader à la maison de la culture Abi Rass Ennaciri de Mascara a été l’occasion pour les deux responsables de souligner que l’expérience de l’Émir constitue un modèle unique, alliant vision politique lucide et fondement moral solide. La ministre de la Culture a exprimé le souhait que les travaux du colloque soient publiés sous forme d’ouvrage, enrichissant la recherche historique et offrant un outil de référence aux spécialistes. Les interventions des deux membres du Gouvernement ont mis également en lumière les qualités de l’Émir, qui a su harmoniser État et éthique à travers les valeurs de concertation, de justice et de respect des droits de l’homme. Tachrift et Bendouda ont rappelé que l’Émir avait instauré une véritable culture du dialogue et de la reconnaissance de l’autre, tant dans la construction de son État que dans ses relations personnelles. Ils ont également souligné ses réalisations remarquables dans les domaines politique, administratif et militaire, qui expliquent la pérennité de son héritage dans la mémoire nationale et les études historiques. Le wali de Mascara, Fouad Aïssi, a appelé de son côté à renforcer la présence de la figure de l’Émir dans les programmes scolaires, les activités culturelles et les initiatives destinées à la jeunesse, afin de consolider les valeurs citoyennes et de rapprocher les générations de leur histoire. L’historien Nacereddine Saïdouni, dans son intervention, a approfondi la réflexion en proposant d’étudier l’Émir sous des angles variés, au-delà des données répétées. Il a comparé l’Émir Abdelkader à Ibn Khaldoun, rappelant que ce dernier avait mené l’épopée de la pensée depuis Beni Salama à Frenda, tandis que l’Émir avait incarné l’épopée du leadership et de la défense politique lors de la Moubayaâ de Derdara à Ghriss. Selon lui, leurs parcours se rejoignent symboliquement au Moyen-Orient, où Ibn Khaldoun est décédé au Caire et l’Émir à Damas. Les visites sur le terrain ont constitué une étape essentielle du programme. Les ministres ont inspecté la restauration de la mosquée El Moubayaâ de Mascara, remise en service après des travaux de conservation préservant son caractère patrimonial, afin qu’elle demeure un témoin vivant de l’héritage de l’Émir. Sur la place «Vivre ensemble en paix», le lancement des Journées nationales du Hakawati a marqué une édition placée sous le signe de l’Émir Abdelkader, mêlant création culturelle et mémoire historique. Au site de l’arbre de Derdara à Ghriss, les élèves du CEM Abdelkader Benchaou ont présenté une performance artistique retraçant la première allégeance, suivie d’une pièce théâtrale intitulée «Mawakif », mettant en avant les valeurs de lutte, de sincérité et de constance. Le programme s’est poursuivi par la visite du site de Zmala de l’Émir à Sidi Kada, récemment restauré dans le cadre de la préservation du patrimoine national, puis par un arrêt à la zaouïa de Sidi Mohieddine à Guitena, où les élèves résidents ont été honorés pour leurs efforts dans la sauvegarde des valeurs religieuses, culturelles et spirituelles. La commémoration a pris une dimension populaire vendredi matin avec le lancement de la 13ᵉ édition du semi-marathon de l’Émir depuis le site de Derdara, rassemblant environ 1 200 athlètes venus de plusieurs wilayas et affirmant la place durable de l’Émir dans la conscience collective.