Z.M

En matinée du jeudi 9 janvier 2019, une réunion a été présidée par le président de l’assemblée populaire de wilaya (APW) dont l’objectif principal était d’exposer une étude permettant une révision du plan d’orientation de la gestion des déchets ménagers et autres déchets similaires au niveau du groupement du grand Oran. une réunion de coordination initiée par le wali d’Oran, Abdelkader Djellaoui qui en a fait une des priorités depuis son installation à la tête de la wilaya après le constat des lacunes et disfonctionnement autour des opérations de collecte et de gestion de des déchets domestiques et autres. Le but étant principalement l’identification de ces lacunes et disfonctionnements et permettre de toucher directement la nature des causes de ces lacunes, sont-elles d’ordre humain, matérielle ou relèvent-elles d’une question de gestion. Pour rappel, cette révision de la gestion des déchets domestiques, intervient suite à celle initiée en 2005 puis revue en 2010. Sur la base de ces constats, c’est l’agence nationale des déchets qui a été retenue pour préparer une étude exhaustive et mettre en place un plan d’orientation de wilaya pour une meilleure gestion des opérations de collectes des déchets domestiques et autres déchets similaires dans le but d’apporter dans un premier temps, des solution qui permettraient d’améliorer la situation qui prévaut actuellement. Suite à cela, un plan définitif de collecte et de gestion des déchets ménagers doit être mis en place pour mettre fin définitivement à la mauvaise gestion et aux disfonctionnements constatés à travers toutes les communes de la wilaya à commencer par la commune d’Oran. Après avoir passé en revue la situation de la gestion de collecte des déchets ménagers, il a été décidé de continuer à réfléchir sur cette étude dans le trouver les bonnes solutions qui permettraient d’avoir une vision claire et adéquate pour mettre fin à cette situation de gestion aléatoire des déchets. Dans ce même contexte, et pour plus d’efficacité, une commission de wilaya regroupant plusieurs services a été mise en place ayant pour mission principale de collecter la taxe spécifique aux déchets industriels provenant des unités et entreprises qui activent à travers la wilaya d’Oran. Pour ce qui est des déchets domestiques, une réflexion est soumise à l’accord des autorités de tutelle, elle tourne autour d’une taxe à prélever à partir des factures d’électricité ou d’eau. Une manne financière importante qui aiderait à accompagner plus efficacement le nouveau plan de gestion de collecte des déchets de différentes natures.

87 points noirs recensés à Oran

La première partie du schéma directeur de la gestion des déchets ménagers et assimilés de la wilaya d’Oran, présentée jeudi au siège de la wilaya, fait ressortir que la commune d’Oran compte à elle seule 87 dépotoirs sauvages.

Il s’agit d’une première partie du schéma directeur de la gestion des déchets ménagers et assimilés, réalisée par l’Agence nationale des déchets (AND), qui concerne la commune d’Oran, en attendant son élargissement pour faire un état des lieux de la gestion des déchets dans l’ensemble des communes de la wilaya.L’étude a révélé plusieurs dysfonctionnements dans la collecte des déchets au niveau de la commune d’Oran qui se répercutent négativement sur l’environnement, faisant savoir que la commune d’Oran produit 550 tonnes de déchets par jour et que 86% de ce volume de déchets est levé par les agents de collecte et 14% restent dans la nature, soit 77 tonnes par jour.L’exposé met, par ailleurs, le doigt sur un problème de taille, à savoir les chiffres ne reflètent pas souvent la réalité du terrain. A titre d’exemple, l’étude de l’AND révèle que la commune d’Oran paye les salaires pour 3.378 agents de collecte, alors que le P/APC assure qu’il n’a que 442 sur le terrain.

Le wali d’Oran, Abdelkader Djellaoui, qui a présidé l’exposition de l’étude en présence des différents acteurs impliqués dans la gestion des déchets à Oran, a ordonné la mise en place d’une commission pour définir le nombre réel des agents responsables de la collecte des déchets dans la commune d’Oran, déclarant qu'”il est nécessaire d’assainir le secteur.Il est inadmissible qu’il y ait 2.936 agents payés sans accomplir le travail qui leur incombe.”

Le représentant de l’AND, Mohamed Mancer, qui a exposé l’étude, a estimé que la commune d’Oran dispose de moyens humains et matériels lui permettant de réussir la collecte des déchets ménagers, faisant remarquer que la centaine de camion mobilisés pour la collecte font une seule rotation par jour au lieu de deux et ne remplissent qu’en partie des bennes tasseuses et que les agents payés pour 6 heures par jour, ne travaillent en définitive que 2 heures sur 24 en moyenne.Le wali a, par ailleurs, instruit son exécutif à opter pour l’implantation de centres de transitions pour compacter les déchets avant de les acheminer vers les centres d’enfouissement technique (CET). Il s’agit de centres où transitent les déchets pour les compacter avec des machines et réduire leurs volumes avant d’aboutir aux CET. Ils ont pour avantage de réduire le coût de la collecte des déchets, a-t-on souligné.

S’agissant de la valorisation des déchets, l’étude a révélé que l’équivalent de 2 milliards de dinars de plastique et 1.4 milliard de dinars de carton sont enfouis dans les CET.Concernant le recouvrement de la taxe d’enlèvement des ordures ménagères (TEOM), l’étude indique que le recouvrement maximal de cette taxe peut rapporter jusqu’à 1.3 milliard de dinars à la commune d’Oran. Le taux de recouvrement est estimé à zéro pour l’instant.A  ce propos, le wali d’Oran a estimé qu’il est possible d’inclure cette taxe dans les factures d’électricité ou de l’eau. Une proposition qu’il s’est engagé à soumettre au Premier ministre.

Au sujets d’autres taxes qui impliquent les commerçants et les industriels, il a instruit la direction de l’environnement de commencer par les unités industrielles via une commission mixte avec la direction de l’industrie.L’étude a comporté 10 recommandations en mesure de palier aux défaillances enregistrées et ainsi garantir une meilleure gestion des déchets dans la commune d’Oran.

Gestion intégrée des déchets ménagers

Le mois de novembre dernier, le lancement du nouveau projet sur “la gestion intégrée des déchets”, en partenariat avec l’Union européenne, avait fait l’objetd’un premier atelier visant la consultation des acteurs locaux du secteur pour définir les axes majeurs d’intervention et les priorités d’action.

Cet atelier, tenu au siège de la wilaya, a été précédé de plusieurs autres rencontres à Alger, en septembre et octobre 2019. Ses organisateurs ont souligné qu’il vise à définir le champ d’intervention du futur projet, financé par l’UE et ses impacts, en vue de la formulation d’un programme sur la gestion intégrée des déchets, en concertation avec les secteurs concernés.NouarLaïb, directeur général de l’environnement et du développement durable du ministère, qui a présidé la séance en compagnie du wali d’Oran, avait indiqué que “cette rencontre réunit les acteurs du secteur, dans le cadre de la gestion des déchets, sur cette problématique et dont le processus participatif a déjà débuté à Alger lors de deux rencontres dédiées à l’échange régional”.

“Sept wilayas, Oran, Mostaganem, Relizane, Mascara, Sidi Bel-Abbès, Aïn-Temouchent et Tlemcen y participent. Nous avons besoin d’écouter tous les acteurs locaux du secteur et les experts de l’UE présents pour élaborer le cadre général du projet, ses ambitions et ses objectifs avec les représentants de l’UE “, a-t-il dit.