R.N
Le Moudjahid et Professeur Hacène Lazreg est décédé, jeudi à Oran, à l’âge de 100 ans. Il a été inhumé, le jour même, au cimetière d’Aïn El Beïda, dans sa ville d’adoption d’Oran. Le ministre de l’enseignement supérieur et celui des moudjahidine, les autorités locales en plus d’une foule nombreuse composée de membres de la communauté université, de ses proches et de centaines d’anonymes ont accompagné le défunt à sa dernière demeure dans une ambiance empreinte d’émotion et de recueillement.
Le défunt est né en 1922, à El Harrouche, où il a suivi ses études primaires avant de se rendre à Constantine pour il obtiendra son baccalauréat, en juin 1945, un mois après les massacres perpétrés par l’armée française, à l’est du pays, après la fin du second conflit mondial. Il s’inscrit à la faculté de médecine d’Alger, où il réussit à son examen d’admission en 1ère année, en juin 1946. Il renoncera à ses études en Algérie, en raison de l’attitude et de l’hostilité de l’administration coloniale qui ne pouvait admettre qu’un « indigène » fréquente cette faculté, réservée à l’élite et aux enfants des pieds-noirs. C’est ainsi qu’il rejoindra l’université de Montpellier où il décrochera, en 1954, son doctorat en médecine et son diplôme de spécialiste en ophtalmologie. De retour au pays, il ouvrira, pour une courte période, un cabinet médical à Skikda. Les massacres du 20 août 1955 perpétrés, entre autres à Skikda, suite à l’insurrection populaire dirigée par le chahid Zighoud Youcef pour desserrer l’étau imposé à la région des Aurès, pousse le jeune Lazreg à s’expatrier en France pour rejoindre les rangs de l’ALN en 1956. Jusqu’à l’indépendance, il exercera comme médecin officier de l’ALN dans la Wilaya V.
A l’indépendance, le Pr Lazreg dirigera, entre autres, le service d’ophtalmologie du CHU d’Oran. Ce même service sera transféré à son initiative à une clinique située sur le célèbre boulevard du Front de mer, où il a contribué à la formation de plus de 400 spécialistes en ophtalmologie. Cet établissement spécialisé portera d’ailleurs son nom quelques années plus tard. Outre ses activités médicales, le défunt Hacène Lazreg est également le bâtisseur de plusieurs universités du pays, à commencer par l’actuelle université d’Es-Sénia, une ancienne base militaire désaffectée, transformée, grâce à ses efforts, en haut lieux du savoir et de la science. Il participera à la construction de l’ISM d’Oran, au lancement de travaux de l’Ensep et la cité universitaire «le volontaire» en 1970, à la construction de l’IGMO, à la réalisation du complexe USTO (1976) participation à la réalisation des centres universitaires de Tlemcen, Sidi Bel Abbes, Mostaganem, Tiaret, Mascara et Bechar.
Depuis le recouvrement de l’indépendance nationale, feu Professeur Lazreg a occupé plusieurs fonctions : directeur de l’Ecole de médecine d’Oran en 1964, directeur du centre universitaire d’Oran en 1966, recteur de l’université d’Oran-Senia en 1968 puis recteur de l’USTO de 1975 à 1987, président de l’Académie universitaire d’Oran en 1995. Il a été également député d’Oran à l’APN pour un seul mandat électif de 1977 à 1922. Il prendra enfin sa retraite en 1995.
Pour sa contribution à la guerre de libération nationale et pour ses apports au développement de la science et du savoir, de nombreuses distinctions lui seront décernées comme la médaille du Moudjahid, décernée par l’Etat Algérien ou en encore l’ « Ordre du Soleil levant », la plus haute distinction attribuée par le Japon en signe de reconnaissance pour ses efforts constants pour renforcer la coopération scientifique entre le Japon et l’Algérie, qui se traduit par de nombreux accords et échanges entre l’USTO et des centres de recherche au Japon.


















