L’universitaire Benamar Médiène a organisé, hier, à la librairie El Mamoune, située au boulevard du front de mer d’Oran, une séance vente-dédicace de son dernier ouvrage paru aux éditions Casbah intitulé « M’hamed Issiakhem : ma main au feu, portrait à l’encre ».
M.H
L’auteur, docteur en sociologie et titulaire d’une habilitation professorale en philosophie et histoire de l’art, dresse un portrait de cet artiste algérien père de la peinture moderne nationale dont le style et les thématiques sont puisés des souffrances qu’il a vécu depuis son jeune âge. Benamar Médiène était le mieux indiqué à parler d’Issikaheme qu’il avait connu et côtoyé durant de longues années avec son autre « comparse », Kateb Yacine, le père de l’inoubliable Nedjma. L’homme de théâtre a eu droit à un hommage intime de la part de l’universitaire oranais, dans un ouvrage, édité peu de temps après sa disparition en novembre 1989, « Kateb Yacine, le cœur entre les dents ». Né le 17 juin 1928 à Ait Djennad en Kabylie, M’hamed Issiakhem a fait ses classes à la société des Beaux-arts d`Alger en 1947, avant de rejoindre l`Ecole des Beaux-arts d’Alger, puis celle de Paris où il est admis après une exposition dans une galerie parisienne. A 16 ans, il perd trois membres de sa famille et se voit amputé du bras gauche suite à la manipulation d’une grenade ramassée près d’un camp militaire français à Relizane, où se sont installés ses parents. Artiste accompli touchant à tous les domaines des arts plastiques, M`hamed Issiakhem avait apporté sa touche, si particulière, à des œuvres cinématographiques et littéraires. Fondateur de l`Union nationale des arts plastiques (Unap), il s’est aussi consacré, un temps, à l’enseignement et réalisé des billets de banques et des timbres postaux, outre les nombreuses fresques murales qui ornent les rues d’Alger. M`hamed Issiakhem était aussi dessinateur de presse et créateur de décors pour des films comme « La voie » de Mohamed Slim Riad ou « Poussières de juillet », réalisé pour la télévision algérienne avec son compagnon l’écrivain et dramaturge Kateb Yacine, qui l’avait affublé du surnom « oeil de lynx ». Son style Issiakhem qui avait inspiré le mouvement « Aoucham » (Tatouage) à ses débuts par l’utilisation des tatouages berbères dans les portraits de femmes, demeure reconnaissable sur les fresques et décorations d’édifices et omniprésent dans l`enseignement des arts plastiques et dans les oeuvres d`un très grand nombre de plasticiens algériens. Issiakhem est décédé en décembre 1985 à Alger à la suite d’une longue maladie.





















