Kaid Omar

Dès 6h30 dans la matinée d’hier lundi, le quartier Sonatiba situé au sud-est de la cité balnéaire s’est réveillé sous le vrombissement assourdissant de gros engins de déblaiement dont des camions à bennes, poclains, grues, le tout sous l’escorte des services des travaux publics dépendant de la STP locale et des services municipaux, ainsi que les fourgons de police, entre anti émeutes et cageots, formant l’arsenal sécuritaire traditionnellement mobilisé pour ce genre d’opérations. L’opération consistait en la démolition systématique de tout ce qui constituait le marché des fruits et légumes. Tel que relaté par notre journal dans ses précédentes éditions, ce qui semblait être ‘’mission impossible’’ est devenu réalité, après que les pouvoirs publics, à tous les niveaux de la hiérarchie, des services de wilaya, ceux de la daira et de l’Apc, aient notifié auparavant des mises en demeure aux différents occupants d’étal aux quatre coins du site commercial, sachant que tous les commerçants actifs ont bénéficié d’un délai de 48 heures pour déménager leurs marchandises et dont la majorité versait dans le créneau des fruits et légumes, malgré la floraison d’autres négoces de l’électroménager, confection et chaussures, cosmétiques et autres détergents, ainsi que ceux occupant l’espace réservé aux produits usagés communément appelé marché aux puces. Dès 8h00, le coup de semonce fut donné pour le déploiement des engins chargés de la démolition de tout ce qui constituait l’ex désormais marché des fruits et légumes, dont entres autres baraques, et tables des étals, qui, pour rappel, d’un site qui date de plus de 20 ans lorsque les premiers marchands ont investi l’espace pour s’adonner au négoce des fruits et légumes, étendu à divers autres commerces de large consommation. La mise en demeure arrivait à terme et c’est donc l’opération de démolition sous l’œil vigilant d’un cordon des services sécuritaires renforcé, le tout supervisé par le divisionnaire – adjoint de la SW DGSN, assisté des officiers de la Sûreté de Daira, en présence du Chef de Daira, du Maire et des représentants du mouvement associatif, et des autres cadres municipaux. Des services sécuritaires qui ont fait preuve d’un grand sens de la communication et de concertation dans une ambiance bon enfant, au cours d’une mission aux gros risques de rébellion et de débordement. Heureusement pour tous et pour la capitale de la corniche, tout s’est déroulé en parfaite symbiose et communion. Le rôle des éléments de la protection civile locale a été prépondérant en veillant au grain à même d’éviter tout incident dans les opérations de déblaiement et de chargement sur les camions à bennes ainsi que la manipulation technique des engins face à la complexité des installations des différents réseaux d’eau, d’électricité, de gaz et de téléphonie. Un véritable travail de concentration professionnelle y a été constaté. Chapeau bas pour les braves soldats du feu. Malgré quelques poches de résistance d’opposition timidement exprimées émanant de quelques jeunes commerçants, l’opération s’est achevée en fin de matinée dans les meilleures conditions. Ils sont 370 commerçants qui sont appelés donc à rejoindre le nouveau marché implanté à hay Ennakhil, déjà réceptionné en 2017, mais, qui malheureusement a connu des niveaux de dégradation avancée pour les locaux et les étals inoccupés depuis plus de 5 ans, où les bénéficiaires refusaient d’occuper invoquant notamment la détérioration des locaux, l’absence d’électricité et de l’eau courante ainsi que la disposition des étals extérieurs. Mais, à présent, dos au mur, les commerçants n’ont plus d’autre choix qu’à s’installer dans le nouvel espace spécialisé dans les fruits et légumes et autres créneaux à large consommation, attendant l’amélioration des conditions de travail au niveau du marché à hay Ennakhil, tels que promis par les gestionnaires locaux. Nous y reviendrons plus en détail sur les conditions et équipements d’accompagnement de ce nouveau marché, dans nos prochaines éditions…