Y. Z

Invité à la maison de la culture « Abderrahmane Kaki » de Mostaganem, l’écrivain Amar Belkhodja a présenté, hier, son dernier ouvrage intitulé « L’Émir Abdelkader, adversaires et admirateurs », publié aux éditions ANEP. Devant un auditoire de qualité, l’auteur a présenté un portrait différent de la vie bien remplie de l’Émir, chef religieux et militaire, fin intellectuel et grand guerrier, ayant marqué l’histoire de l’humanité du XIXe siècle par son esprit d’honneur et de tolérance. S’agissant de son ouvrage de 159 pages, préfacé par Mostefa Khiati, l’auteur replace le lecteur dans le contexte des premières années de la colonisation française et évoque l’effort financier et l’ampleur de l’arsenal et des moyens humains déployés dans l’expédition militaire contre l’Algérie qui se préparait, selon l’auteur depuis déjà 1808. Amar Belkhodja est revenu également sur les premiers succès de l’Émir qui a su regrouper des milliers de combattants, envoyer des émissaires aux tribus pour qu’elles se joignent au combat, imposer un blocus économique pour priver l’armée coloniale de vivres et infliger, en parallèle une défaite au général Desmichels, pourchassé jusqu’aux portes d’Oran en 1833. Amar Belkhodja a rappelé que l’Emir Abdelkader s’efforçait de donner « un visage humain à la lutte en s’abstenant de toute violence inutile et de toute cruauté », il sera « le premier, dans l’histoire militaire universelle à penser au sort des prisonniers en leur assurant les meilleurs traitements et en proposant leur échange contre des captifs algériens ». Dans son développement, l’auteur n’a pas manqué de citer l’un des adversaires de l’Émir les plus virulents, Thomas Robert Bugeaud, qui voyait en Abdelkader “un homme de génie (…) certainement l’une des plus grande figures historiques de notre époque (…) c’est un ennemi actif, intelligent, et rapide…”, alors que le farouche partisan de la colonisation, Alexis de Tocqueville a salué le gouvernement structuré de l’Emir Abdelkader et son aisance à réunir, “avec moins de peine” que l’armée coloniale, “un plus grand nombre d’hommes et plus d’argent”. Pour recueillir les témoignages de militaires, hommes politiques et historiens contemporains de l’Emir, l’auteur se base essentiellement sur des divers ouvrages et écrits. Certains contemporains n’ont pas manqué de qualifier l’Emir Abdelkader de « Mahatma Gandhi Algérien » alors qu’il reste beaucoup à dire sur cet homme fondateur de l’Etat Algérien moderne. La présentation de cet ouvrage a été programmée dans la cadre de la célébration de la journée nationale de l’artiste (8 juin). Elle a été suivie d’une exposition artistique au niveau du Théâtre régional « Djilali Benabdelhalim ». Des activités musicales et folkloriques ont également eu lieu à la maison de la culture.