Zitouni Mustapha

Le Lycée Lotfi est un des fleurons des lycées d’Algérie et nul ne peut, ou du moins ne peut contester ce statut obtenu selon des critères auxquels, nul autre lycée ne pourra prétendre, ni sur le plan de sa conception architecturale, ni par celui de l’organisation, la discipline et la rigueur imposées aux administratifs, aux enseignants et aux élèves, mais aussi par les excellents résultats qu’obtenait le lycée à chaque fin d‘année scolaire et que nul autre lycée de la région, ou à l’échelle nationale, na pu égaler, tant la barre était placée assez haute et il fallait être pourvu de compétences, pour prétendre à enseigner, ou à travailler au Lycée Lotfi.

Une époque qui fait de nombreux nostalgiques parmi ceux qui enseignaient, ou étudiaient dans cet établissement d’excellence du temps d’un charismatique proviseur, M. Bouziane.

Depuis, la situation est tout autre et le Lycée Lotfi a été relégué au statut d’un lycée des plus ordinaires, pire encore, le Lycée Lotfi a été gangréné par les fléaux qui ont malheureusement mis à genoux le secteur de l’Education Nationale dans son ensemble.

Un constat que fait revivre, un collectif d’anciens élèves qui s’est retiré de l’association «Des anciens élèves du lycée Lotfi» en raison des pratiques apparues avec l’arrivée de certains élus de l’APW d’Oran, qui ont tenté de faire de cette association, un tremplin pour leurs petites carrières. Mais qu’à cela ne tienne, ce que dénonce ce collectif d’anciens, au-delà des personnes, c’est la situation dans laquelle se trouve l’établissement depuis quelques années, une situation qu’avait aussi dénoncée, il y a quelques temps, le syndicat autonome du CLA (Conseil des Lycées d’Algérie).

Le collectif d’anciens élèves s’interroge sur l’état de dégradation du lycée Lotfi, notamment avec l’apparition entre autres dégradations, des fuites d’eau qui touchent jusqu’aux classes de cours et pour lesquelles des parents d’élèves ont été sollicités, pour mettre la main à la poche, en contribuant aux travaux de réparation de fuite, mais aussi nous dit-on, pour l’installation de caméras de télésurveillance, une intrigante demande qui nous renvoie inévitablement à l’enveloppe financière assez conséquente allouée il y a quelques années, pour des travaux de réhabilitation des lycées dits de souveraineté d’Oran dont, lycées Lotfi, Pasteur, les Palmiers, Ibn Badis et El Hayet. L’enveloppe financière pour la restauration revue à la hausse, étant de l’ordre de 35 milliards selon le CLA, elle était de l’ordre de 344 milliards de dinars selon la DLEP (Direction du Logement et des Equipements Publics), une enveloppe consommée pour la restauration des quatre ou cinq lycées de souveraineté de la ville.

A ce jour, les rapports des commissions d’enquêtes annoncées, n’ont jamais été rendus publics si toutefois  tant , ils ont été établis et la situation du Lycée Lotfi, comme bon nombre d’autres lycées à Oran et ailleurs, laisse à désirer et pourtant, ce n‘est pas faute d’avoir rapporté à maintes reprises dans nos précédentes éditions, les maux qui frappent de plein fouets nos établissements scolaires et cette fin de non-recevoir, n’est en fait qu’une conséquence de la déliquescence de certaines institutions qui ont laissé apparaître des pratiques assez courantes mais que l’on ne pensait jamais, qu’elles puissent un jour, dépasser les mur d’une enceinte éducative, comme le lycée Lotfi, pour ne citer que cet établissement scolaire, où l’on parle d’inscription d’élèves ou de passage à des classes supérieures, alors que les notes et les moyennes de l’élève ne le permettent pas, mais  devenant possible grâce à ce fléau que l’on nomme «corruption.»

Inutile de parler aussi de la dilapidation et la convoitise de certains responsables et inspecteurs dénoncé ouvertement par le premier responsable du CLA à travers de nombreux écrits, restés malheureusement sans suite mais dont, on reprendra, un passage qui fait mention de : «la convoitise sur le bloc des logements d’astreintes indépendants, destinés au staff des surveillants généraux, trois pour trois étages, en plus le rez-de-chaussée, et celui de l’intendance. La stratégie observée par la Direction de l’Education a été d’endormir les parents d’élèves, les enseignants et les élèves pendant ces dernières années, en réduisant les trois postes budgétaires à deux, pour libérer pendant plus de quatre, le logement du troisième surveillant et limiter au maximum le nombre de logements occupés dans ce bloc, pour en faire profiter certains inspecteurs aux dépend des élèves, des enseignants et des surveillants.»