Wassila. B
Le ministre des Affaires étrangères et de la Communauté nationale à l’étranger, M. Ahmed Attaf, a annoncé, hier, que des réunions se tiendront dès aujourd’hui mercredi, pour « proposer des mécanismes qui permettront aux Nations-Unies le suivi de la mise en œuvre de la résolution du Conseil de sécurité sur Ghaza» adoptée lundi 25 mars. Le ministre s’est exprimé lors d’une conférence de presse tenue au siège du ministère, qui a porté sur les efforts déployés par l’Algérie au sein du Conseil de sécurité en faveur de la cause palestinienne. «Forte de ces acquis réalisés, notamment de la résolution adoptée hier par le Conseil de sécurité, l’Algérie poursuivra ses efforts dans ce cadre conformément aux priorités fixées par le Président de la République avec précision et clarté. Les prochaines étapes se concentreront principalement sur le suivi de la mise en œuvre de cette résolution et sur la cessation immédiate de l’agression israélienne contre la bande de Ghaza, ainsi que sur la garantie de l’accès de l’aide humanitaire destinée aux Palestiniens», explique le ministre. «Tels sont les priorités et les objectifs que l’Algérie continuera de prôner et d’œuvrer à réaliser au Conseil de sécurité, conformément à la juste approche fixée par le Président de la République, qui affirme toujours que l’Algérie reste maîtresse de ses décisions et de ses choix et que l’Algérie reste fidèle à sa doctrine diplomatique, qui prend le soutien des causes justes comme pilier fondamental, et dont la stabilité n’est pas troublée par les changements et les circonstances passagères», poursuit-il. Et le ministre d’affirmer: «L’Algérie prend au sérieux le mandat qui lui est confié et la confiance que lui accordent ses homologues des Etats membres de l’ONU, et s’efforcera d’honorer cette confiance avec toute la fermeté, la sincérité et la loyauté». «L’adhésion de l’Algérie à cet organe central de l’ONU a coïncidé, comme vous le savez, avec l’escalade de l’agression israélienne brutale et sans précédent contre le peuple palestinien dans la bande de Gaza, dans un contexte international où l’état de paralysie quasi totale qui frappait le Conseil de sécurité exacerbé par les fortes polarisations et les tensions aggravées entre les États membres permanents», a-t-il-affirmé. «Face à l’agression barbare israélienne contre nos frères palestiniens dans la bande de Ghaza, de nombreux membres du Conseil de sécurité se sont soumis à la logique du fait accompli et ont accepté l’impossibilité de concilier les orientations contradictoires de ses membres, et donc l’absence de toute initiative réelle du Conseil de sécurité visant à mettre un terme à cette agression, voire à alléger les souffrances des civils palestiniens», poursuit le ministre. «C’est ce que l’Algérie a rejeté dès le premier jour de son adhésion au Conseil de sécurité, en insistant sur la nécessité, voire la fatalité, que le Conseil assume les responsabilités qui lui sont assignées à l’égard de la question palestinienne, dont notre pays a fait sa principale préoccupation et priorité et l’axe fondamental de toutes ses initiatives diplomatiques», a-t-il rappelé.
Des directives rigoureuses du chef de l’État
Et le ministre d’ajouter: «L’action de l’Algérie concernant le conflit arabo-israélien s’inscrit dans le cadre d’un ensemble de directives et d’instructions émises par le Président de la République, avec une extrême rigueur, dans une formule très précise et claire, et avec une cohérence qui était la sienne, et qui n’a été ébranlé ni par l’intensité, ni par l’ampleur et le poids des difficultés qui sont à deux niveaux principaux : le plan général, qui concerne la question palestinienne dans son ensemble et le niveau spécial, qui est totalement lié à la tragédie actuelle dans la bande de Ghaza». Et de préciser: «Sur la question palestinienne, le Président de la République a insisté sur la nécessité d’orienter les efforts diplomatiques algériens dans les directions suivantes: Premièrement, il a relancé la solution politique à la question palestinienne, après qu’elle ait été bloquée et absente pendant plus de 25 ans. Deuxièmement, défendre la légitimité internationale dans la lettre et dans l’esprit, comme base pour relancer le processus de paix au Moyen-Orient et parvenir à une solution juste, durable et définitive à la question palestinienne». «Troisièmement, se concentrer sur l’incontournable création d’un État palestinien indépendant et souverain sur la base des frontières de 1967, avec Al-Quds Al-Sharif comme capitale. Quatrièmement, intensifier la pression sur l’occupant israélien pour le forcer à adhérer à la légitimité internationale et le priver de l’immunité», énumère-t-il encore. «Cinquièmement, défendre le fait que l’État de Palestine devient membre à part entière des Nations Unies. Enfin, faire avancer le projet de réconciliation nationale palestinienne, comme une nécessité urgente et comme une exigence absolue pour la résurrection du projet national palestinien et sa réalisation avec tous ses buts, tous ses objectifs et toutes ses exigences», explique le ministre. «Quant au niveau particulier, qui est celui des circonstances tragiques imposées par l’agression israélienne à nos frères de la bande de Ghaza, les directives émises par le Président de la République, pour lesquelles la diplomatie algérienne a plaidé et plaide encore au sein du Conseil de sécurité, sont également représentés dans le même degré d’importance et le même rang dans la liste des priorités», indique M. Attaf. «Premièrement, œuvrer à la mise en œuvre d’un cessez-le-feu immédiat, permanent et inconditionnel dans la bande de Gaza. Deuxièmement, assurer la protection nécessaire au peuple palestinien, conformément à ce qui est stipulé dans les conventions et résolutions internationales pertinentes. Troisièmement, mettre fin aux obstacles qui entravent les efforts de secours humanitaire dirigés vers le peuple palestinien dans toute la bande de Ghaza», détaille-t-il. «Quatrièmement, faire face aux projets et aux campagnes de déplacement forcé des Palestiniens en dehors de la bande de Ghaza. Cinquièmement, encourager la tendance à poursuivre l’occupation israélienne devant les instances judiciaires internationales, en particulier devant la Cour internationale de Justice et devant la Cour pénale internationale», souligne M. Attaf. «Enfin, ne pas accepter la fragmentation dans la gestion de l’agression israélienne sur la bande de Ghaza et imposer le respect de l’indépendance de la décision et de la volonté palestinienne dans la détermination de l’avenir de l’État palestinien. Je voudrais ici souligner notre ferme conviction que ce que l’on appelle aujourd’hui le projet de « gouvernance transitionnelle de Ghaza » ne réussira que s’il est inclus dans un cadre plus large, à savoir celui de la création d’un État palestinien», a-t-il déclaré.
Les priorités du président Tebboune
«A la lumière de ces priorités identifiées par le Président de la République, les efforts de la diplomatie algérienne pour soutenir la cause palestinienne durant les trois premiers mois d’intégration au sein du Conseil de Sécurité se sont concentrés sur trois axes principaux», poursuit-t-il. «Premièrement, intensifier les délibérations sur la question palestinienne au sein du Conseil de sécurité. Deuxièmement, renforcer la dynamique diplomatique en faveur de la cause palestinienne en dehors du Conseil de sécurité, notamment au sein des organisations internationales et régionales dont l’Algérie est membre. Enfin, prendre l’initiative de présenter des projets de résolution sur la question palestinienne», dit-il. «L’Algérie a pris l’initiative de convoquer plusieurs réunions au niveau du Conseil de sécurité sur l’agression israélienne contre la bande de Ghaza. Depuis le 1er janvier, le Conseil de sécurité a tenu pas moins de 7 réunions, à la seule demande de l’Algérie, consacrées à discuter de l’évolution de l’agression israélienne contre la bande de Ghaza sous ses différents aspects et répercussions. Deuxièmement, en ce qui concerne le renforcement de la dynamique diplomatique en faveur de la cause palestinienne en dehors du Conseil de sécurité : un accent particulier a été mis sur le renforcement des positions communes des différentes organisations dont fait partie l’Algérie, à commencer par la Ligue des États arabes, en passant par l’Union africaine, l’Organisation de la coopération islamique, pour finir avec le mouvement non gouvernemental», a-t-il indiqué. «La délégation algérienne à New York a pu récemment diriger une initiative conjointe du soi-disant Groupe des Dix (E10), un groupe d’États élus qui ne sont pas membres permanents du Conseil de sécurité, qui a présenté un projet de résolution sur la Palestine. Il s’agit de la résolution qui a été adoptée avec succès hier, car elle est considérée comme la première résolution émise par le Conseil de sécurité avec un contenu clair, déterminé et franc, qui consiste à exiger un cessez-le-feu immédiat, permanent et inconditionnel dans la bande de Ghaza», poursuit-il. «L’adoption de cette résolution constitue un gain remarquable pour la cause palestinienne, non seulement en termes de contenu et de substance, mais également en termes de procédure, car il s’agit de la première résolution de fond soumise conjointement et uniformément par les membres élus dans l’histoire des Nations-Unies», s’est-il félicité. «L’Algérie avait déjà présenté un projet de résolution pour activer les mesures de précaution approuvées par la Cour internationale de Justice, notamment en recherchant un cessez-le-feu dans la bande de Gaza. Ce projet a reçu 13 voix de soutien, un membre permanent du Conseil s’étant abstenu et un autre membre permanent du Conseil utilisant également son droit de veto pour l’annuler», rappelle-t-il. «Suite à l’adoption hier par le Conseil du règlement détaillé appelant à un cessez-le-feu immédiat, l’Algérie se félicite de ce succès, qui n’aurait pas été obtenu sans l’engagement et le dévouement des États membres du G10, dirigés par la République du Mozambique en tant que coordinateur du groupe. L’Algérie met également l’accent sur le rôle des autres Etats membres permanents, qui ont récemment été à la hauteur des exigences de leurs responsabilités envers Ghaza d’abord, et envers la Palestine ensuite, et envers le monde, où les corps ont frémi, les consciences ont été ébranlées et nos cœurs ont saigné face aux scènes de meurtres, de destruction et d’abus contre nos frères palestiniens», affirme-t-il.



















