Belmadani Hamza

Pas moins de 13% des enfants qui désertent  l’école à Oran, âgés entre 12 et 16 ans, s’orientent vers le travail, notamment chez les privés.

Cette étude menée en 2018 par la Direction de la Santé de la wilaya, en coordination avec l’EPSP d’Es-Sénia a été révélée par M. Boukhari Chef service au sein de la Direction. Notons que cette étude a permis également de dévoiler qu’entre 6000 et 7000  enfants désertent les établissements scolaires dans la capitale de l’Ouest annuellement. Le travail de ces enfants n’est pas contrôlé par les services concernés au niveau des marchés, des chantiers de construction.

 Ce travail parallèle n’est pas contrôlé par l’Inspection de Travail dans l’absence de contrat de travail comme par exemple ces enfants qui commercent sur les trottoirs.

Notons que la Déléguée nationale, présidente de l’Organe National de Protection et de Promotion de l’Enfance (ONPPE), Meriem Chorfi a indiqué à Alger, que quelque 100 cas d’exploitation économique d’enfants ont été enregistrés via le numéro vert (11-11) depuis le mois de janvier 2019. “Depuis le mois de janvier, l’ONPPE a enregistré, via son numéro vert (11-11), quelque 100 signalements de cas d’exploitation économique d’enfants, dont le plus grand nombre durant le mois de Ramadhan et concerne la vente de produits alimentaires dans la rue et même au niveau des autoroutes, ce qui représente des situations de danger, impliquant une intervention”, a déclaré Mme Chorfi a l’occasion de de la Journée Mondiale contre l’exploitation économique des enfants (12 juin).

Elle a fait savoir, à ce propos, que les signalements de cas d’exploitation économique des enfants ont été transférés en majorité aux services du milieu ouvert, relevant du ministère de Solidarité Nationale, composés de spécialistes, d’assistants sociaux, de psychologues et des militants de droits de l’homme, en charge de la protection sociale des enfants au niveau local, et ce, en coordination avec les instances et institutions concernées par l’enfance.

Le service du milieu ouvert a pour mission d’assurer le suivi de la situation des enfants en danger à travers la prise de mesures nécessaires, une fois vérifiée la véracité des informations reçues.

Dans ce contexte, Mme. Chorfi a fait savoir que le service du milieu ouvert offre parfois son assistance à la famille de l’enfant en question, en coordination avec les juridictions compétentes à l’instar des Directions locales de l’Action Sociale (DAS).

Notons que la loi 15-12 relative à la protection de l’enfant a durci les sanctions à l’encontre de toute personne coupable d’exploitation économique d’un enfant.

L’article 139 stipule que quiconque exploite économiquement un enfant est puni d’un emprisonnement d’un an à trois ans et d’une amende de 50.000 DA à 100.000 DA. Cette peine est portée au double, lorsque l’auteur de l’infraction est un ascendant de l’enfant, ou responsable de sa sauvegarde.

Pour rappel, l’Organisation Internationale du Travail (OIT) marque la Journée Mondiale contre le Travail des Enfants le 12 juin pour attirer l’attention sur l’étendue de ce problème, qui est loin d’être résolu.

Chaque année depuis 2002, la journée mobilise les gouvernements, les employeurs et toute la société civile, afin de reporter l’attention sur la situation des enfants qui continuent à travailler dans le monde, ainsi que sur les actions à mettre en place pour les aider. Cette année, la Journée Mondiale contre le travail des enfants passera en revue les progrès accomplis en 100 ans de soutien de l’OIT aux pays pour combattre le travail des enfants. Depuis sa création en 1919, la protection des enfants est inscrite dans le Préambule de la Constitution de l’OIT.

L’année 2019 marque les 20 ans de l’adoption de la Convention (N° 182) sur les pires formes de travail des enfants, 1999. Avec seulement quelques pays qui ne l’ont pas encore fait cette Convention est proche de la ratification universelle.