Le dépôt des dossiers de candidature s’ouvre samedi

H Nassira 

À Oran, les formations politiques engagées dans les élections législatives prévues le 2 juillet prochain n’ont pas encore finalisé leurs listes de candidats. En dépit de réunions successives et de retouches de dernière minute, les états-majors locaux peinent encore à stabiliser des compositions appelées à évoluer jusqu’aux ultimes arbitrages.

Cette phase d’incertitude intervient dans un climat alimenté par la circulation de nombreuses fuites, présentées comme « quasi confirmées » au sein de plusieurs partis, notamment le Rassemblement national démocratique (RND) et le Front de libération nationale (FLN). Ces listes non officielles, dont la fiabilité est estimée par certains observateurs à près de 80 %, évoquent des ajustements importants, entre retraits ciblés et nouvelles intégrations, attisant ainsi les spéculations à l’approche des échéances.

Dans ce contexte, la majorité des partis politiques concernés, dispensés de la collecte des signatures, s’apprêtent à entamer, à partir de ce samedi, le dépôt des dossiers de déclaration de candidature auprès de la délégation de wilaya de l’Autorité indépendante chargée des élections à Oran. Cette étape administrative marque l’entrée dans la phase opérationnelle du processus électoral.

Seul le Mouvement de la société pour la paix (MSP) a déjà franchi ce cap, en déposant son dossier lundi dernier auprès de la même instance. Les sept autres formations concernées — le Front de l’avenir, le RND, le FLN, Sawt Echaâb, Ennahda, El Bina et le Rassemblement pour l’espoir de l’Algérie (TAJ) — n’ont pas encore procédé au dépôt officiel, préférant attendre, selon des sources concordantes, le moment jugé le plus opportun d’ici la fin de la semaine.

Le FLN conteste l’existence d’une liste arrêtée

Au sein de la direction locale du FLN à Oran, des sources internes affirment que le processus de désignation des candidats reste ouvert jusqu’au week-end. Le parti devrait, selon ces mêmes sources, convoquer les militants concernés à travers les différentes wilayas afin de leur notifier les décisions d’investiture à partir de jeudi.

La formation politique dément catégoriquement l’existence d’une liste finale arrêtée sous son sigle. Les documents et noms diffusés sur les réseaux sociaux sont qualifiés de simples rumeurs, destinées, selon elle, à alimenter la confusion et à créer des tensions au sein de la base militante.

Certaines fuites évoquent toutefois l’émergence de nouveaux profils ayant rejoint récemment le parti en provenance d’autres formations politiques, au détriment de cadres historiques et de militants de longue date. Une évolution qui rompt, selon plusieurs observateurs, avec la tradition du parti, historiquement adossée à ses structures organiques et à ses figures de terrain.

Dans le même temps, des voix internes, notamment parmi des militants engagés depuis de nombreuses années, expriment un malaise grandissant. Ils dénoncent un sentiment d’exclusion avant même la publication officielle des listes, et s’interrogent sur les critères de sélection, en particulier celui de la « popularité », devenu central dans les arbitrages.

Des tensions et démissions en cascade dans plusieurs partis

D’autres formations politiques ne sont pas épargnées par ces tensions de dernière minute. Des ajustements ont été opérés dans plusieurs listes locales, sur fond de contestations internes. Dans certains cas, des militants, dont des jeunes, ont annoncé publiquement leur démission sur les réseaux sociaux, dénonçant leur mise à l’écart ou des choix jugés contestables dans la composition des listes.

Au Rassemblement national démocratique (RND), la direction affiche une réserve prudente. Selon des sources proches du parti, la liste aurait été finalisée et validée au niveau central, avec l’aval du secrétaire général. Elle devrait être déposée dans les délais impartis auprès de la délégation de l’Autorité indépendante des élections, avant son examen et sa validation officielle.

Toujours selon les mêmes sources, certaines contestations internes portent sur l’introduction de nouveaux noms dans la liste. Toutefois, la direction locale privilégie une stratégie d’apaisement, en cherchant à rassurer sa base militante et en mettant en avant une composition supposée équilibrée entre cadres et militants du parti.