Sarah M
La question des droits et de la protection des journalistes algériens a été au centre d’une rencontre jeudi entre la Commission culture, tourisme et communication de l’Assemblée populaire nationale et l’Organisation nationale des journalistes algériens (ONJA), au siège de l’organisation à la Maison de la Presse « Tahar Djaout».
Ce rendez-vous a permis à l’ONJA de dresser un portrait précis des conditions de travail des journalistes. Parmi les préoccupations majeures : l’instabilité liée aux contrats précaires, les licenciements abusifs et l’insuffisance de protection juridique. L’organisation a insisté sur la nécessité de mesures concrètes pour garantir sécurité, dignité et stabilité sociale aux professionnels du secteur.
L’ONJA a présenté une série de revendications structurées : adoption rapide d’un statut de journaliste, lutte contre les contrats illégaux, renforcement des inspections du travail et reconnaissance officielle de la carte de journaliste professionnel. L’organisation a également appelé à réviser les grilles salariales, adapter la convention collective et lier le soutien public aux médias privés au respect strict des lois du travail et de la presse.
Au-delà des aspects professionnels, l’ONJA a souligné l’importance d’améliorer la couverture sanitaire, le logement, et de garantir congés payés et indemnités pour les jours fériés. Les journalistes de la presse écrite devraient bénéficier de 15 jours de repos supplémentaires, tandis que la profession serait reconnue comme exigeante, avec des avantages liés à l’ancienneté et la possibilité d’une retraite anticipée. La fiscalité et les taxes sur les médias ont également été identifiées comme un enjeu crucial pour la viabilité économique du secteur.
Slimane Abdouch, président de l’ONJA, a insisté sur l’importance de consulter les journalistes dans l’élaboration des politiques médiatiques. Selon lui, seule une profession respectée et protégée socialement peut garantir un journalisme indépendant et crédible, capable de renforcer la confiance du public.
L’ONJA a conclu la rencontre en réaffirmant son engagement à défendre les droits des journalistes et à travailler en collaboration avec tous les acteurs institutionnels. L’objectif : promouvoir une presse libre, professionnelle et responsable, au service de l’intérêt général et de la transparence dans l’information.
