Meriem 

Depuis le début du mois de janvier, Oran baigne dans l’atmosphère unique de Yennayer 2976. Ce soir, la veille de la nouvelle année amazighe, le 11 janvier, les foyers s’animent, illuminés par les couleurs et les senteurs de la tradition. Cette ambiance festive se prolonge tout au long du mois, portée par un riche programme de festivités culturelles, culinaires et artistiques lancé à travers toute la wilaya.

Dès la soirée du 11 janvier, les familles se réunissent pour préparer et partager les symboles culinaires de la fête. Le Mekhalet, mélange de fruits secs, bonbons et chocolats, trône sur les tables dans des plats décorés aux couleurs amazighes, tandis que le Charchem, plat ancestral à base de blé, pois chiches et fèves, mijote lentement dans les cuisines. Les grains sont soigneusement nettoyés et trempés plusieurs fois pour faciliter la cuisson, tandis que le parfum réconfortant du Charchem emplit les foyers, accompagnant les rires des enfants impatients.

Ces derniers, vêtus de tenues traditionnelles kabyles, participent pleinement à la fête. Jouets et décorations arborant les motifs et couleurs amazighes complètent l’ambiance et transforment chaque maison en véritable théâtre de traditions. Même la vaisselle utilisée reflète les teintes emblématiques du patrimoine berbère, donnant à chaque repas une dimension festive et authentique.

Dans les marchés et commerces, l’effervescence est tout aussi palpable. Les familles s’y approvisionnent en fruits secs, confiseries et autres ingrédients nécessaires à la préparation du Mekhalet et du Charchem. Les étals débordent de couleurs et de senteurs, tandis que commerçants et clients participent à cette effervescence qui enveloppe la ville depuis le début du mois.

Mais Yennayer à Oran dépasse largement la gastronomie et les préparatifs culinaires. C’est un moment de convivialité et de transmission où grands-parents et parents racontent aux enfants les légendes et coutumes millénaires de la fête. Les visites aux voisins, les réunions familiales et les moments de partage renforcent les liens et rappellent que la célébration est autant culturelle que familiale.

Depuis décembre 2017, le 12 janvier est officiellement chômé et payé, soulignant l’importance de cette fête dans le calendrier national. Ce jour devient ainsi un temps fort, où chaque famille peut pleinement célébrer Yennayer dans la joie et la sérénité.

À Oran, la magie de la veillée du 11 janvier et la journée officielle du 12 janvier se conjuguent pour offrir un spectacle vivant de traditions et de gourmandises. Le Mekhalet scintillant, le Charchem fumant, les enfants en costumes kabyles et les décorations aux couleurs amazighes créent une atmosphère unique, festive et profondément familiale, où la culture et la convivialité se mêlent pour accueillir l’année 2976 dans la joie et l’espérance.