Wassila. B
Le constructeur chinois Higer a officiellement lancé l’expédition de 3 000 bus à destination de l’Algérie, marquant une première concrétisation du vaste plan de renouvellement du parc de transport public. Cette commande massive fait suite à la décision prise dans l’urgence par le président Abdelmadjid Tebboune, fin août 2025, d’importer 10 000 bus neufs. Cette décision avait été accélérée par l’accident tragique d’un bus dans l’oued El Harrach, qui avait coûté la vie à 18 personnes et révélé au grand jour l’extrême vétusté d’une partie des véhicules en circulation.
Pour débloquer rapidement cette opération, le gouvernement a accordé des licences d’importation à trois entreprises, dont l’EDIV (ex-SNVI), relevant du ministère de la Défense. Il a surtout instauré, via la Loi de finances 2026, une exonération totale de droits et taxes pour l’importation de jusqu’à 10 000 bus. Higer se félicite de ce « jalon important » pour son expansion, soulignant la « confiance » du marché algérien. Si le montant du contrat et les modalités du choix du constructeur restent confidentiels, cette livraison massive illustre la recherche de solutions rapides pour pallier une crise de sécurité dans les transports.
Cette livraison massive, bien que répondant à une urgence, pose également la question de la pérennité de la stratégie de renouvellement du parc. Les observateurs s’interrogent sur les suites du programme des 10 000 bus et sur la place qu’occupera, à plus long terme, l’industrie nationale d’assemblage dans ce secteur stratégique pour la mobilité et l’emploi.




