Fulgurante ascension de l’Algérie dans le domaine spatial

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Wassila. B

Le 15 janvier 2026 restera marqué dans l’histoire scientifique et stratégique de l’Algérie. À 5h01 précises, le satellite Alsat-3A s’est arraché de la base de Jiuquan en Chine pour se placer en orbite. Dans la nuit froide du désert de Gobi, la fusée Longue Marche a dessiné une trajectoire lumineuse : celle de l’ambition spatiale algérienne. Derrière cette réussite se niche une continuité. Une histoire qui débute modestement en 2002 avec Alsat-1, puis se renforce en 2010 avec Alsat-2A, et encore en 2016 avec Alsat-2B. Aujourd’hui, avec Alsat-3A, ce n’est plus un pari mais une politique. Une politique spatiale assumée, patiente, échelonnée sur près d’un quart de siècle.

Ce nouveau satellite n’est pas un objet de prestige, c’est un instrument de souveraineté. Sa « très haute résolution » nous permettra de mieux voir notre territoire. Cartographier, surveiller, anticiper, protéger : ces mots prennent une dimension concrète grâce à cet œil céleste. L’agriculture, la gestion des ressources, l’aménagement du territoire, la sécurité nationale bénéficieront de données précises et en temps réel. L’opération illustre également une forme de réalisme diplomatique et technologique. La coopération avec la Chine est un choix stratégique, permettant un transfert de compétences et un accès à des technologies de pointe. Mais l’Algérie n’est pas un simple client. La supervision de l’opération depuis le sol national et la participation d’experts algériens démontrent une volonté de maîtrise et d’appropriation progressive. Ces prodigieux progrès ne se mesurent pas seulement en orbites ou en résolution d’images. Ils incarnent une trajectoire technologique ascendante et maîtrisée. D’une première plateforme d’observation à moyenne résolution, l’Algérie est passée à des satellites à haute, puis très haute résolution, tout en développant ses compétences en traitement de données, en contrôle au sol et en ingénierie des systèmes. Chaque mission spatiale consolide un écosystème national de plus en plus autonome, formant une génération d’ingénieurs et de scientifiques capables de repousser les limites du possible.

Ce succès technique est avant tout une victoire humaine. Celle des ingénieurs, des scientifiques et des techniciens algériens dont le savoir-faire s’est affirmé au fil des programmes. Ils sont la clé de voûte de cette indépendance spatiale en construction. Pour tous les Algériens, ce lancement est un signal fort. Il prouve que le pays peut mener des projets de longue haleine dans un domaine exigeant. Il montre que l’investissement dans la science et la technologie n’est pas une dépense, mais un levier d’indépendance et de développement. Alsat-3A est désormais un gardien en orbite. Silencieux, il accomplit sa révolution autour de la Terre, tandis qu’ici-bas, il nous invite à penser plus loin, à planifier plus juste et à croire en notre capacité collective à relever les défis de l’avenir. Il n’éclaire pas seulement l’espace, il éclaire aussi une voie : celle de la persévérance et de la raison d’État.