Wassila. B

Le ministre de l’Intérieur, des Collectivités locales et des Transports, M. Saïd Sayoud, a déposé, jeudi, dans l’hémicycle du Conseil de la nation, une pierre angulaire dans l’édifice de la sécurité routière algérienne. Présentant le projet de loi portant nouveau Code de la route, il a porté un diagnostic lucide sur un phénomène devenu « un des plus dangereux aux conséquences graves » pour la nation. Loin d’être une simple mise à jour réglementaire, cette initiative, que le ministre a lui-même qualifiée d’« étape importante », incarne une volonté politique d’équilibre et de prévention. Elle traduit une ambition claire : transformer en profondeur la culture de la route en Algérie pour passer d’une logique répressive souvent subie à une démarche préventive, moderne et systémique, ayant pour unique boussole la protection sacrée de la vie des citoyens.

L’intervention de M. Sayoud a révélé la philosophie d’un texte conçu comme un cadre stratégique global. Il ne s’agit pas seulement de punir plus sévèrement, mais de reconstruire un écosystème routier cohérent et sécurisé, en phase avec les réalités du pays. Le ministre a ainsi expliqué que ce code vise à organiser le trafic pour répondre au défi du nombre accru de véhicules et au développement de l’infrastructure, posant les bases d’une circulation plus fluide et, par conséquent, plus sûre.

Les mesures phares annoncées dessinent les contours d’une véritable modernisation. L’introduction de moyens technologiques pour le paiement électronique des amendes ou la détection de stupéfiants n’est pas qu’un gadget numérique ; c’est un saut vers plus d’efficacité, de transparence et de dissuasion. Plus significatif encore est le renforcement radical de la chaîne de responsabilité. Le texte s’attaque aux racines du mal en engageant la responsabilité pénale des établissements de formation, des gestionnaires de routes, et en criminalisant explicitement la fraude au contrôle technique. Cette approche démontre une compréhension fine des dysfonctionnements : la sécurité ne se décrète pas seulement au volant, elle commence dans les auto-écoles, dans les centres d’inspection et sur la qualité des chaussées.

Face aux interrogations légitimes des sénateurs, concernant notamment l’absence du système à points ou l’état des routes, la réponse du ministre et la substance du texte ont apporté des éléments concrets. En privilégiant, dans un premier temps, un durcissement ciblé des sanctions et une hiérarchisation claire des infractions (contraventions/délits) avec des peines complémentaires lourdes (confiscation, annulation du permis), M. Sayoud mise sur une dissuasion immédiate et forte. Parallèlement, il ouvre la voie à l’intégration de technologies de surveillance intelligente évoquées par les parlementaires, montrant que ce code est conçu comme un socle évolutif.

Ainsi, la vision portée par Saïd Sayoud transcende le traditionnel débat entre répression et prévention. Elle propose une synthèse exigeante : une dissuasion ferme et incontournable pour les comportements à haut risque, couplée à une prévention active par la responsabilisation de tous les acteurs et la modernisation des outils. En présentant ce texte fondateur, le ministre ne se contente pas de gérer l’urgence ; il esquisse les fondations d’une nouvelle ère pour la sécurité routière en Algérie, où la protection du citoyen devient l’impératif absolu de toute politique des transports.