O.S
Face aux limites des solutions classiques, l’université et les autorités locales travaillent sur des approches innovantes, de la fixation des dunes à la valorisation des zones marécageuses.
La wilaya d’ s’appuie depuis ces dernières années sur la recherche scientifique appliquée et les solutions innovantes pour remédier aux phénomènes de l’ensablement et de la remontée des eaux, a-t-on appris lundi. Dans ce cadre, une séance de travail a récemment réuni le wali d’Ouargla, Abdelghani Filali, ainsi qu’une pléiade de chercheurs et d’enseignants universitaires, accompagnés de représentants des secteurs techniques et administratifs, afin d’examiner une série d’études et de propositions élaborées par l’Université Kasdi Merbah d’Ouargla.
Les échanges ont permis d’analyser les principales problématiques environnementales de la région, au premier rang desquelles l’ensablement et la remontée des eaux souterraines, ainsi que leur impact direct sur les infrastructures, les routes, les cadres urbains et les zones agricoles. Convaincus de l’insuffisance des solutions classiques, les participants ont plaidé pour des approches scientifiques fondées sur la recherche appliquée et les expérimentations de terrain, adossées à une cartographie précise des zones les plus exposées – basée sur l’identification des couloirs venteux et la nature des sols. Le directeur des structures économiques annexes de l’université d’Ouargla, Nacer Ghilani, a indiqué que « ces efforts visent à fixer les dunes de sable et à atténuer leur impact sur les zones urbaines et agricoles, ainsi qu’à étudier les possibilités d’exploitation de la Sebkha (zone marécageuse) du bassin d’Ouargla en espace à valeur économique et de développement ». Il a précisé que ce travail s’appuie sur « un processus scientifique de mise en valeur, qui tienne compte des spécificités du milieu saharien et où seraient associés l’Université et les différents acteurs locaux ».
M. Ghilani a également souligné l’intérêt d’« identifier des espaces d’expérimentation ouverts » pour la mise en œuvre des solutions suggérées, notamment en zones agricoles, afin d’évaluer leur efficacité avant une éventuelle généralisation. L’Université d’Ouargla mise par ailleurs sur l’exploitation du couvert végétal comme moyen naturel de freiner le mouvement des sables, en particulier la plantation d’espèces adaptées au climat saharien, à l’instar de la plante Salicornia, dont les bienfaits environnementaux et économiques sont déjà constatés. Des études relatives à l’exploitation de la Sebkha du bassin d’Ouargla sont également en cours, avec des procédés modernes de génie civil, dans la perspective d’en transformer certaines parties en espaces exploitables susceptibles d’accueillir des investissements respectueux de l’écosystème. Dans le même contexte, des propositions techniques ont été avancées pour améliorer le réseau d’assainissement et adopter des dispositifs modernes de contrôle, afin de protéger les infrastructures et les constructions des effets de la remontée des eaux.
L’initiative de cette rencontre témoigne des efforts d’ouverture de l’Université sur son environnement socio-économique et de la volonté de consacrer le rôle de la recherche scientifique dans l’appui au développement durable des régions sahariennes.




