Djamila M
La communauté universitaire d’Oran s’est recueillie pour rendre hommage à l’une de ses figures les plus éminentes, le professeur Meki Derar, éminent spécialiste de la linguistique et de la phonétique, dont la disparition a profondément marqué le milieu académique national. Son parcours, riche de plusieurs décennies d’enseignement, de recherche et d’engagement, a durablement façonné la réflexion linguistique en Algérie, en particulier à l’Université d’Oran.
Dans un geste de fidélité à la mémoire des grandes figures du savoir et du combat national, l’Académie El Wahrani des études scientifiques et de l’interaction culturelle a organisé, ce matin, une cérémonie commémorative dédiée à l’âme du moudjahid et universitaire Meki Derar. Cette rencontre a été l’occasion de revisiter une trajectoire exceptionnelle, marquée par un engagement scientifique constant et une profonde conscience nationale.
Universitaires, chercheurs et étudiants, venus nombreux, ont unanimement souligné que le défunt ne se limitait pas au rôle d’enseignant. Il fut avant tout un formateur de générations, un guide intellectuel et le fondateur d’une véritable école scientifique, dont l’influence se fait encore sentir dans les milieux de la recherche linguistique.
Les témoignages ont mis en lumière l’apport décisif du professeur Meki Derar au développement de la linguistique arabe contemporaine, notamment dans le champ de la phonétique et de l’analyse articulatoire des sons. Alliant rigueur scientifique, respect du patrimoine linguistique et ouverture aux approches modernes, il est aujourd’hui considéré par de nombreux spécialistes comme le pionnier de l’école phonétique algérienne et l’un des précurseurs des études phonétiques et linguistiques à partir d’Oran, à l’échelle maghrébine.
Prenant la parole, la professeure Souad Besnassi, présidente de l’Académie El Wahrani, a souligné que cette commémoration traduit la reconnaissance due à un homme d’exception, qui a su conjuguer engagement national, excellence académique et valeurs humaines élevées. Elle a rappelé que le défunt s’était engagé très jeune dans la Guerre de libération nationale et que son uniforme militaire demeure un symbole vivant de son parcours de moudjahid.
Elle a également mis en exergue la constance de son dévouement scientifique, y compris après son départ à la retraite. Le professeur Meki Derar a poursuivi ses activités d’enseignement et d’encadrement, contribué à la création du laboratoire des dialectes et du traitement de la parole, et pris part à la fondation de l’Académie El Wahrani, au sein de laquelle il siégeait comme membre du conseil scientifique et consultatif depuis 2021.
De son côté, la professeure Souad Abou Anani, enseignante à l’Université d’Oran et ancienne étudiante du défunt, a exprimé son émotion et sa fierté d’avoir été formée sous sa direction. Elle a rappelé que rigueur, discipline et méthodologie constituaient les piliers de son enseignement, aux côtés de l’humilité, de l’écoute et de l’encouragement permanent à la recherche scientifique sérieuse. Elle a souligné que le professeur Meki Derar incarnait une figure académique rare, alliant exigence intellectuelle et profonde humanité.
La cérémonie s’est conclue sur une conviction largement partagée : l’héritage scientifique et humain laissé par le professeur Meki Derar continuera d’irriguer la mémoire de l’université algérienne. Son nom demeurera associé à celui des grandes figures du savoir qui ont servi la nation avec constance, par la science, l’engagement et la transmission.
