Djamila M

Des spécialistes de la santé, de l’éducation et des affaires religieuses se sont réunis, hier, à Oran pour discuter des moyens de prévenir l’addiction aux drogues chez les élèves. Cette rencontre a pris la forme d’une journée de sensibilisation organisée par le bureau provincial de la Syndicat national des praticiens de la santé publique, en présence de médecins spécialisés, de représentants du secteur éducatif et d’autres acteurs sociaux.

Cette initiative s’inscrit dans le cadre des efforts visant à lutter contre la propagation des comportements addictifs chez les jeunes, qui représentent aujourd’hui une préoccupation majeure pour les familles, les écoles et la société dans son ensemble. Les intervenants ont insisté sur l’importance d’une approche préventive globale, reposant sur la sensibilisation précoce, le dépistage et le suivi psychologique et médical.

Dans ce contexte, la docteure Nadia Hadri, coordinatrice au sein de la clinique Yasmin de l’établissement de santé de proximité d’ Esseddikia et présidente du bureau de wilaya du syndicat, a expliqué que cette initiative vise avant tout à renforcer la prévention de l’addiction en milieu scolaire. Elle a précisé que le syndicat a choisi de commencer par les professionnels de santé avant d’élargir les actions aux établissements éducatifs.

La docteure Hadri a également souligné que l’événement a permis de former les agents du secteur et de favoriser l’échange d’expériences dans le domaine de la lutte contre l’addiction, notamment au niveau universitaire.

Une mobilisation collective nécessaire

Les participants ont convenu que la lutte contre l’addiction en milieu scolaire nécessite la mobilisation de tous les acteurs : école, famille, mosquée, secteur de la santé et société civile. Ils ont insisté sur la nécessité de mettre en place une stratégie nationale globale pour protéger les élèves et les jeunes contre ce fléau.

Pour sa part, Mustafa Hadou, directeur du centre d’orientation scolaire et professionnelle de la direction de l’éducation d’Oran, a rappelé que les établissements scolaires font face à plusieurs problématiques psychologiques, éducatives et comportementales, telles que la violence, le harcèlement et l’addiction sous différentes formes. Il a ajouté que la direction de l’éducation élabore régulièrement des stratégies préventives en coordination avec le secteur de la santé scolaire et les conseillers en orientation.

Le responsable a précisé que les établissements disposent de comités dédiés au suivi des élèves : au collège, une commission d’orientation et de suivi, et au lycée, une commission d’écoute qui prend en charge les cas présentant des signes de risque, dans le strict respect de la confidentialité entre le médecin, le psychologue et l’élève.

Il a également rappelé qu’une caravane de sensibilisation avait déjà été organisée dans plusieurs établissements scolaires de la wilaya, avec la participation des ministères de l’Éducation nationale, de la Santé, de l’Intérieur et de la Sécurité nationale, ainsi que de médecins spécialisés dans l’addiction. Selon lui, la prévention reste la clé, en l’absence de statistiques précises sur l’ampleur du phénomène.

L’expertise médicale et psychologique au service de la prévention

La docteure Amina Ghazali, médecin en santé scolaire, a souligné le rôle du médecin scolaire dans la détection des signes comportementaux et psychologiques pouvant indiquer un risque d’addiction chez les élèves. Elle a détaillé les méthodes permettant d’identifier les premiers indicateurs de consommation de drogues en milieu scolaire.

De son côté, la docteure Salha Haï, spécialiste en addictologie, a insisté sur l’importance d’une approche pluridisciplinaire impliquant médecins, psychologues et travailleurs sociaux. Elle a également présenté les méthodes modernes de prise en charge et de suivi des personnes dépendantes.

La journée a réuni plusieurs intervenants offrant des perspectives différentes sur le phénomène. Un imam a souligné le rôle des valeurs religieuses dans la protection des jeunes contre la déviance et l’addiction, tandis que Mustafa Hadou a rappelé l’importance de l’action des établissements scolaires dans la formation et la prévention.