Algérie-Allemagne : un jumelage au service de l’investissement 

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Wassila. B

Il est des coopérations qui se limitent à des déclarations d’intention et des poignées de main protocolaires. Il en est d’autres, plus discrètes mais autrement plus structurantes, qui œuvrent dans l’ombre pour poser les fondations d’un édifice durable. La réunion, tenue mercredi par visioconférence, du comité de pilotage du jumelage institutionnel entre l’Agence algérienne de promotion de l’investissement (AAPI) et le ministère fédéral allemand de l’Économie et de l’Énergie appartient sans conteste à cette seconde catégorie. Elle incarne la maturité d’un partenariat qui ne vise pas seulement à attirer des capitaux, mais à penser l’investissement avec une rigueur toute germanique. À l’heure où l’Algérie s’engage résolument dans une dynamique de renouveau économique, la modernisation de ses outils d’attraction des investisseurs n’est pas une option, mais une nécessité vitale. Le constat est simple : la concurrence internationale est féroce. Les capitaux, mobiles par nature, se dirigent vers les écosystèmes les plus agiles, les plus transparents et les plus prévisibles. Or, la promotion de l’investissement ne peut plus reposer sur la seule mise en avant d’atouts naturels ou d’incitations fiscales. Elle doit devenir une véritable science, fondée sur des données précises, des études d’impact rigoureuses et une gouvernance exemplaire.

C’est précisément dans ce domaine que l’expertise allemande, portée par des institutions comme le ministère fédéral de l’Économie et de l’Énergie, est la plus précieuse. En évaluant, après deux mois seulement de mise en œuvre, le bilan de ce programme de huit mois, les deux parties, sous la coprésidence de M. Omar Rekkache et Mme Gerlind Heckmann, ne se contentent pas de faire un simple état des lieux. Elles jettent les bases d’une nouvelle culture administrative au sein de l’AAPI.

Ce jumelage est bien plus qu’un transfert de compétences techniques. C’est une greffe de savoir-faire qui doit permettre à l’agence algérienne de passer d’une logique de guichet à une logique de projet. L’accent mis sur le développement de l’exploitation des données et des statistiques est, à cet égard, fondamental. Une agence de promotion moderne ne peut plus naviguer à vue ; elle doit cartographier les opportunités, anticiper les besoins des investisseurs et mesurer, avec des indicateurs concrets et durables, la création de richesses et d’emplois générée. L’Allemagne, locomotive économique de l’Europe, n’a pas bâti son succès sur le hasard, mais sur la Mittelstand, ce tissu de PME innovantes, et sur une puissance administrative au service de l’économie. En s’associant à elle via ce jumelage institutionnel, l’Algérie envoie un signal fort : celui d’un pays qui veut apprendre les ficelles du métier auprès des meilleurs, pour offrir aux investisseurs un cadre clair, sécurisé et efficace. Au-delà des aspects techniques de numérisation ou d’analyse économique, c’est bien la confiance que l’on construit.