L’Iran agressé, chaos sur le monde 

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Wassila. B

L’agression de l’Iran s’est accompagnée par un embrasement généralisé. L’agression militaire conjointe menée par les États-Unis et l’entité sioniste contre l’Iran a franchi un cap dangereux : celui de la déstabilisation totale du Moyen-Orient, avec des répercussions humaines, géopolitiques et économiques qui dépassent désormais les frontières de la région. En frappant Téhéran, en éliminant des hauts responsables, jusqu’au guide suprême Ali Khamenei, Washington et son allié sioniste ont sciemment violé le droit international. Aucune résolution de l’ONU, aucune légitime défense ne justifie ces bombardements sur un État souverain. Nous assistons à une agression pure, déguisée derrière des discours sécuritaires que l’histoire a déjà maintes fois démentis. Car c’est toujours le même scénario qui se rejoue. En Irak, en Libye, en Syrie, en Afghanistan, les mêmes promesses de « démocratie » et de « protection » ont abouti aux mêmes désastres : des États fragmentés, des sociétés déchirées, des générations sacrifiées. 

Aujourd’hui, l’Iran est la nouvelle cible de cette arrogance stratégique. Mais cette fois, la poudrière a explosé autrement. Le conflit s’est régionalisé à une vitesse fulgurante. Quatorze pays sont désormais touchés, directement ou indirectement. Le Liban subit de nouvelles frappes sionistes sur Beyrouth. Les missiles iraniens ripostent en atteignant Tel-Aviv et les bases américaines disséminées dans le Golfe. Mais au-delà du chaos sécuritaire, c’est l’économie mondiale qui vacille. Le détroit d’Ormuz, verrou stratégique par lequel transite 20 % du pétrole mondial, est désormais bloqué. Conséquence immédiate : le baril de Brent a bondi à plus de 80 dollars, enregistrant une hausse de plus de 5 % en une seule journée. Ce n’est qu’un début. La perturbation du transport maritime allonge les délais, fait exploser les primes d’assurance et sature les routes alternatives. L’effet domino sera inévitable : les matières premières, les produits manufacturés, tout ce qui voyage par la mer verra son coût augmenter. Les premières victimes économiques de cette crise seront les pays asiatiques (Chine, Inde, Japon) gros importateurs de brut. Mais derrière eux, ce sont toutes les économies vulnérables, déjà fragilisées par l’inflation et les crises précédentes, qui subiront le contrecoup. Alors, que reste-t-il du droit international ? À force de le violer au nom de la « sécurité » ou de la « démocratie exportée », les puissances sionistes le vident de sa substance. Chaque frappe, chaque assassinat, chaque changement de régime imposé nous rapproche d’un monde où seule la loi du plus fort fait autorité. Défendre la souveraineté iranienne, ce n’est pas approuver son régime. C’est défendre un principe universel : celui qui interdit à quiconque de bombarder un peuple sous prétexte de le « libérer ». C’est refuser que l’histoire, avec son cortège de ruines et de larmes, se répète éternellement. Au troisième jour de cette guerre, une question nous taraude : jusqu’où ira cette transgression du droit international ? Et surtout, combien de vies faudra-t-il encore pour que la raison l’emporte sur la violence ?